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Yassine Belattar écrit à Emmanuel Macron

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19 octobre 2019 - 09h00 - Monde

L’humoriste français d’origine marocaine, Yassine Belattar, semble très affecté par la polémique sur le voile, qui a pris une certaine ampleur ces dernières semaines en France.

Au Président français, l’artiste a adressé sa lettre de démission du Conseil des Villes, où il siégeait depuis mai 2018. Il s’agit d’une institution mise en place par Emmanuel Macron, qui compte en son sein "des acteurs économiques, sociaux, culturels et sportifs d’envergure nationale, engagés pour les quartiers", et censée mener la réflexion sur les quartiers prioritaires.

"Je démissionne car je ne puis siéger dans une institution qui voit les humiliations que subissent les habitants des quartiers non pas pour l’endroit d’où ils viennent mais bien pour ce qu’ils sont tout simplement", écrit Yassine Belattar.

Dans sa lettre adressée à Macron et publiée par Libération, l’humoriste, qui dit avoir "aimé chaque moment passé" au sein de cette institution voulue par le Président, dit en arriver malheureusement à dénoncer un "système favorable à certains élus" qui a gangrené en banlieue, et a été à l’origine d’une "paupérisation dramatique".

Ce système en question, avance Bellatar, "a tellement perverti la vision que nous avons de nos quartiers que l’appellation banlieusard a laissé place à celle de musulman".

Depuis quelque temps, la polémique nourrie sur le voile et la stigmatisation des musulmans en France donnent libre cours à des déclarations de personnalités comme de citoyens lambda qui, pense l’humoriste, n’honorent pas la République.

"Je suis conscient que l’ambiance actuelle dans notre pays n’est pas liée à votre élection mais je suis déçu que certains ministres que vous avez choisis ne supportent même pas l’idée de voir une femme voilée sur le territoire", dénonce Yassine Bellatar.

"Je suis Français, je suis musulman, je suis Africain, je suis Afro-européen, je suis de banlieue. Je ne suis pas binaire, je suis Français donc pluriel", écrit, par ailleurs, l’artiste qui s’offusque du fait que l’on ne puisse pas reconnaître au musulman sa capacité à distinguer le bien du mal.

"Douter de notre capacité, en tant que musulmans, à faire la différence entre le bien ou le mal est une blessure qui mettra du temps à cicatriser".

Yassine Bellatar conclut sa lettre par un appel au Président de la République : "Sachez, M. le Président, qu’il faudra légaliser les musulmans dans ce pays avant de légaliser la marijuana", écrit-il.

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