Limités à 80 km/h, les poids lourds marocains réclament le droit d’accélérer

- 12h00 - Maroc - Ecrit par : Betty de G.

Les transporteurs routiers marocains réclament une révision des limitations de vitesse imposées aux poids lourds de 40 tonnes. Ils jugent les règles actuelles dépassées face aux progrès techniques des camions et demandent au Maroc de se rapprocher des normes appliquées en Europe.

La demande émane de l’Union des associations nationales du transport et de la logistique et du Syndicat de l’Union générale des professionnels du transport. Dans une déclaration rapportée par Hespress, les professionnels dénoncent notamment l’absence de relèvement de la vitesse des camions de 40 tonnes.

La réglementation marocaine prévoit actuellement, pour les véhicules de transport de marchandises dépassant 19 tonnes, une vitesse maximale de 70 km/h hors agglomération sur les routes ordinaires et de 80 km/h sur autoroute. Ces limitations figurent dans le décret n°2.10.420 relatif aux règles de circulation.

Pour les transporteurs, ces règles ne correspondent plus aux capacités des véhicules modernes. Ils rappellent que les poids lourds disposent désormais de systèmes ABS, de freins moteur et d’équipements de sécurité beaucoup plus perfectionnés que ceux des générations précédentes.

Les camionneurs marocains dénoncent déjà régulièrement des règles qu’ils considèrent inadaptées à leurs trajets internationaux, notamment lorsqu’ils passent par l’Espagne.

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Le président de l’Union des associations nationales du transport et de la logistique estime que le rapprochement économique entre le Maroc et l’Union européenne devrait également se traduire par une harmonisation progressive des règles applicables au transport routier.

Selon lui, maintenir les camions à des vitesses trop faibles peut également avoir un effet sur leur consommation de carburant et leurs émissions, les moteurs modernes étant conçus pour fonctionner dans des plages de régime différentes de celles des anciens poids lourds.

En Europe, les camions sont limités techniquement à 90 km/h

Les professionnels prennent l’Europe comme référence, mais la comparaison nécessite une nuance. La réglementation européenne impose aux véhicules de transport de marchandises des catégories N2 et N3 un limiteur empêchant de dépasser 90 km/h.

Au Maroc, un camion de plus de 19 tonnes reste donc limité à 80 km/h même sur autoroute. C’est cet écart que les professionnels souhaitent notamment réduire pour améliorer, selon eux, la compétitivité des entreprises marocaines effectuant des transports internationaux.

La question dépasse d’ailleurs la seule vitesse. Les organisations réclament également un renforcement de la lutte contre les surcharges, davantage de contrôles, des mesures contre le transport sans autorisation et la création d’aires de repos répondant à de meilleurs standards.

Les conditions de travail des chauffeurs constituent un problème récurrent. À Tanger Med, des camionneurs avaient déjà dénoncé le manque d’espace, les difficultés de stationnement et les conditions d’attente.

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La profession estime également que les entreprises respectant strictement les règles peuvent être pénalisées face à celles qui contournent les limitations, les règles de chargement ou les conditions d’exercice du transport.

Le transport routier marocain reste par ailleurs fortement exposé au coût du carburant, malgré les aides mises en place par l’État, ce qui explique pourquoi les professionnels mettent également en avant la consommation des camions dans leur demande de révision des vitesses.

Les transporteurs demandent désormais aux autorités d’ouvrir le dossier. Leur objectif n’est pas seulement d’aller plus vite : ils réclament une modernisation plus large des règles du transport routier marocain afin de les rapprocher des standards européens, tout en renforçant les contrôles sur la surcharge et la sécurité.