Malgré la crise de Sebta, seuls 3,1 % des Espagnols veulent rompre avec le Maroc
La crise de Sebta a fortement détérioré l’image du Maroc en Espagne. Pourtant, seuls 3,1 % des Espagnols souhaitent suspendre les relations diplomatiques avec Rabat. Une intervention européenne ou des retours immédiats à la frontière recueillent beaucoup plus de soutien.
C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête réalisée par Cluster17 pour Agenda Pública. Le sondage a été mené du 22 au 25 août auprès de 1 637 personnes représentatives de la population espagnole, avec une marge d’erreur maximale annoncée de 2,4 points.
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Interrogés sur la réponse à apporter en cas de nouveaux passages massifs par Sebta ou Melilla, seuls 3,1 % des sondés choisissent la suspension des relations diplomatiques avec le Maroc.
La solution la plus soutenue consiste à demander une intervention directe de l’Union européenne, éventuellement accompagnée d’un déploiement de Frontex. Elle recueille 23,9 % des réponses, juste devant les retours immédiats à la frontière, approuvés par 23,6 % des personnes interrogées.
Le déploiement de l’armée espagnole autour de Sebta et Melilla est privilégié par 14,6 % des sondés. Les sanctions économiques contre le Maroc obtiennent 12,4 %, contre 11,7 % pour l’accueil humanitaire et l’examen individuel des demandes d’asile. Une négociation avec Rabat assortie de contreparties financières ne convainc que 5,5 % des répondants.
Des réponses très différentes selon les électeurs
Les préférences varient fortement selon les opinions politiques. Parmi les électeurs du Parti socialiste, 28,7 % privilégient une intervention européenne et 23,4 % l’accueil humanitaire. Chez les électeurs de Sumar, cette dernière solution arrive en tête avec 29,7 %.
À droite, 36,4 % des électeurs du Parti populaire choisissent les retours immédiats à la frontière. Cette proportion atteint 40,4 % chez les électeurs de Vox, dont 35,1 % souhaitent également un déploiement militaire.
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Le sondage confirme néanmoins une défiance profonde. Quelque 77,6 % des personnes interrogées attribuent une mauvaise note au roi Mohammed VI, tandis que 61,9 % se disent opposées à l’organisation du Mondial 2030 par l’Espagne et le Portugal avec le Maroc.
Ces résultats montrent ainsi une opinion espagnole très critique envers Rabat après la crise de Sebta, mais peu disposée à aller jusqu’à une rupture. Malgré les tensions politiques et le poids des intérêts économiques espagnols au Maroc, le maintien des relations entre les deux pays demeure largement préféré à leur suspension.