Migrants : le Parlement européen veut mettre l’argent et le marché dans la balance face au Maroc
Le Parlement européen veut conditionner les financements de l’Union et l’accès préférentiel à son marché à une coopération efficace du Maroc sur les frontières et les réadmissions. Cette pression politique figure dans une résolution adoptée après la crise de Sebta.
Le texte a été adopté jeudi 17 septembre par 339 voix contre 225, avec 16 abstentions. Les eurodéputés y condamnent les passages irréguliers massifs survenus fin juillet et réclament une réponse européenne plus ferme.
La disposition la plus directement adressée à Rabat concerne les relations économiques. Le Parlement estime que l’accès préférentiel au marché européen et aux financements de l’UE doit dépendre de la coopération des pays voisins dans la gestion des frontières, la lutte contre les passeurs, l’identification des migrants et leur réadmission.
Les autorités marocaines sont explicitement appelées à respecter leurs engagements, indique le Parlement européen. Cette position intervient alors que Bruxelles vient déjà de débloquer 114,7 millions d’euros pour renforcer les moyens espagnols à Sebta.
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La résolution ne suspend aucun financement ni avantage commercial accordé au Maroc. Elle fixe la position politique du Parlement. Toute mesure concrète devrait ensuite être proposée par la Commission et approuvée selon les procédures européennes.
Le retour des migrants, mineurs compris
Les eurodéputés réclament le « retour rapide et effectif » de toutes les personnes sans droit au séjour dans l’Union. Ils incluent expressément les mineurs non accompagnés, dans le respect du droit européen et international.
L’Espagne et le Maroc sont appelés à renforcer leur coopération pour identifier et reprendre les migrants arrivés entre le 29 et le 31 juillet. La question des mineurs reste sensible : Rabat affirme vouloir leur retour, tandis que Madrid lui reproche de ne pas répondre à plusieurs centaines de dossiers.
Le Parlement demande aussi davantage de moyens pour Frontex, les infrastructures frontalières et les dispositifs mobilisables en cas de nouvelle crise. Il rappelle que la protection des frontières extérieures constitue une responsabilité partagée par les États membres.
Le ton est particulièrement dur. Les eurodéputés dénoncent l’utilisation de l’immigration irrégulière comme « outil de guerre hybride contre l’intégrité territoriale d’un État membre ». Ils affirment également que Sebta et Melilla sont des villes espagnoles et européennes dont la souveraineté est « hors de tout doute ».
Toute déclaration remettant en cause la souveraineté espagnole est jugée incompatible avec les obligations d’un pays partenaire. Cette formulation vise les revendications marocaines sur Sebta et Melilla, récemment réaffirmées par plusieurs responsables du royaume.
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Après la préparation d’une procédure exceptionnelle pour accélérer les expulsions lors des arrivées massives, le Parlement demande désormais que la coopération du Maroc puisse aussi peser sur les financements européens et son accès préférentiel au marché de l’Union.