France : un crime odieux

- 18h45 - France - Ecrit par :

La communauté marocaine établie en France est encore sous le choc ce lundi après l’assassinat, le week-end dernier à Dunkerque, d’un jeune Marocain âgé de 17 ans, victime d’un crime raciste. L’ambassadeur du Maroc en France, porteur d’un message royal de condoléances, s’est rendu dimanche auprès de la famille de la victime.

L’ambassadeur du Maroc en France a présenté samedi, au nom de SM le Roi Mohammed VI et du peuple marocain, ses vives condoléances à la famille du jeune Mohamed Maghara, victime d’un ignoble crime raciste à Dunkerque (Nord de la France).

Le Consul du Maroc à Lille, M. Ismaili Alaoui, a été immédiatement dépêché auprès de la famille de la victime, à Grande-Synthe dans la banlieue de Dunkerque, afin de s’enquérir de sa situation et lui apporter tout le soutien moral, dont la famille a besoin après un tel drame.

M.Ismaili Alaoui a également appelé les membres de la communauté marocaine au calme et à la sérénité afin de faire face à ce crime dicté par la barbarie et l’intolérance.

Vendredi soir, Mohamed Maghara, âgé de 17 ans, a été tué par un tireur, habillé en tenue de camouflage et se déplaçant au volant d’un véhicule 4X4, dont le numéro d’immatriculation a été caché.

Environ 200 policiers sont mobilisés pour rechercher un homme "de type européen, de forte corpulence, âgé entre 40 et 50 ans, vêtu d’un treillis".

Cet individu, rappelle-t-on, a tiré une première fois sur la vitrine du café "Les mouettes", située dans un quartier de la banlieue de Dunkerque.

Faisant demi-tour, il tire de nouveau avec son fusil de chasse, toujours depuis son véhicule, sur un groupe de consommateurs sortis du café, dans la panique, et blesse trois personnes.

Trois quarts d’heure plus tard, il passe devant un autre café "Le narval", fréquenté comme le premier par des jeunes maghrébins, tire sur une dizaine de personnes rassemblées devant le café, qui fermait ses portes, et blesse mortellement le jeune Mohamed Maghara.

"Il semble qu’il s’agisse de quelqu’un qui cherchait à agresser des personnes maghrébines", a indiqué le sous-préfet de Dunkerque Daniel Férey. Selon des témoins oculaires, l’automobiliste a tiré froidement avant de prendre la fuite.

"Aujourd’hui, j’ai une blessure au fond du coeur quand j’apprends ce qui s’est passé, cette nuit, dans ce beau pays de France où on a tué par racisme, on a tué par intolérance, et je crois vraiment que la France ne peut pas supporter ça", a déclaré le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin.

"Ce n’est pas cette France-là que nous aimons, et ce n’est pas cette France-là pour laquelle nous nous battons. Au contraire, nous nous battons pour une France qui sait rassembler tous ses enfants pour défendre ses valeurs, des valeurs supérieures", a souligné M.Raffarin.

De son côté, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, en visite à la mosquée de Paris, a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence à la mémoire de Mohamed Maghrara, "qui sera aussi notre façon de dire que nous refusons le racisme et la haine", a-t-il déclaré.

"Le racisme est un cancer qu’il faut extirper de notre société. Le racisme sera combattu avec la dernière énergie. Ses auteurs seront poursuivis, condamnés et punis avec la plus grande sévérité", a averti le ministre avant d’ajouter : "Le racisme est l’ennemi de la République".

MAP

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