L’assassin de Mohamed Maghara derrière les barreaux

- 22h45 - France - Ecrit par :

Mohamed Maghara, 17 ans, d’origine marocaine, ne racontera jamais ses rêves parce que le garçon "souriant, gentil" aimait beaucoup raconter ses rêves : "Faire des études, réussir, avoir des enfants, une voiture ", se souviennent ses camarades de classe.

Lundi après-midi, devant le palais de justice de Dunkerque (nord de la France) où comparaissait son assassin, ses camarades de lycée ont porté des pancartes noires avec les inscriptions : "Plus jamais ça, qu’il ne soit pas mort en vain".

Mohamed Maghara a été tué, vendredi soir, à bout portant par le Français Joël Damnan, chauffeur routier et père de famille. Mobile du meurtre : la haine des immigrés.

Joël Damman, 45 ans, a été mis en examen, lundi soir, par le tribunal de grande instance de Dunkerque pour assassinat et tentatives d’assassinats.

Cet individu au "profil de M. Tout-Le-Monde", comme l’a décrit Christian Mittaux, directeur de la sécurité publique du nord, a tiré sur Mohamed Maghara avec son fusil de chasse, depuis sa voiture tout-terrain, avant de rentrer tranquillement chez lui, rejoindre sa femme et ses trois enfants.

Samedi, le lendemain du crime, Joël Damman vaquait à ses occupations habituelles. "On l’a vu labourer son champ. Je suis même venu demander qu’il me prête du matériel. Il a accepté comme si de rien n’était", dira un voisin.

C’est un proche du chauffeur routier qui a permis son arrestation et aurait assisté aux préparatifs de l’expédition. Quand les policiers sont allés l’arrêter, ils ont trouvé deux fusils de chasse et le 4X4. "Parce qu’il avait caché ses plaques d’immatriculation et qu’il s’était dissimulé le visage derrière des lunettes noires, le suspect se sentait tout à fait à l’abri et ne s’attendait pas à être arrêté", a déclaré Christina Mitatux.

Dimanche matin, Joël Damman craque et avoue. L’ébriété invoquée par l’assassin pour expliquer son geste n’a pas été retenue par le procureur. Seule la haine des immigrés reste celle qui a lancé Joël Damman dans une folle nuit de chasse à l’immigré.

Les camarades de classe continuent, eux, de se souvenir de Mohamed Maghara, cet adolescent qui venait de commencer sa deuxième année d’étude, en terminale BEP comptabilité. Michel Degavre, le proviseur du lycée où la victime faisait ses études, évoque un adolescent "attachant" qui "avait envie de réussir, de continuer ses études".

"Sa mort est comme un coup de massue, comme une maison qui nous tombe dessus. Les enfants qui nous sont confiés, ce sont nos enfants. Je me trouve dans la situation d’un père qui a perdu le sien. J’ai réuni la classe où il étudiait. Les élèves étaientsans voix. Je leur ai dit tout la douleur que je ressentais", raconte Michel Degavre.

Durant la mise en examen du meurtrier, des groupes de jeunes, massés devant le palais de justice, ont jeté des pierres et les rétroviseurs arrachés des voitures en stationnement se sont transformés en projectiles. La riposte ne s’est pas fait attendre. En fin de journée, cinq personnes avaient été interpellées.

Pourtant, la famille Maghara, les présidents d’associations marocaines culturelles et culturelles et le consul du Maroc à Lille (nord de la France), M. Ismaili Alaoui, n’ont pas ménagé leurs efforts pour demander calme et respect pour l’âme de la victime.

La famille de la victime n’aspire qu’à une chose : que son fils repose au plus vite dans son pays d’origine, à Ouled Teïma près d’Agadir, loin de tout esprit de vengeance. Elle l’a fait encore savoir hier.

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