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Grosse mission marocaine pour le design

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20 novembre 2006 - 21h59 - Culture

Du 22 novembre au 3 décembre prochain, lors de la 5e édition de la Biennale design de Saint-Etienne en France, sur un espace voisin de ceux de l’Espagne, de la Chine ou du Québec, 29 créateurs, femmes et hommes déterminés, présenteront leur exploration du design en terre marocaine.

L’énoncer est simple, le réaliser sera -le jour de l’inauguration officielle- un pari réussi, une gageure qu’ils auront assurée seuls… ou presque. Mais il n’empêche que le mouvement du design marocain commence à émerger.

Si de nombreux pays ont décidé, aides et programmes à l’appui, de faire du design un outil actif de développement ; d’autres semblent ignorer son potentiel créatif et économique dans des projets phare de leur politique de développement. Etre designer au Maroc relève encore de la deuxième situation. Aucun designer dans les grands projets, peu ou pas dans l’industrie, une timide apparition dans l’environnement urbain. Ils sont moins de 50, formés dans les écoles nationales d’art, les grandes écoles occidentales ou autodidactes. Des créatifs, en étroite relation avec un monde artisanal vivant. Ils revisitent formes et matières traditionnelles, pallient l’absence de matériaux performants et maîtrisent des chaînes de fabrication invraisemblables. Ces professionnels veulent aussi s’émanciper du champ restreint de la décoration. Ils sont fermement décidés à explorer les besoins considérables et les nouveaux modes de vie de la société marocaine, y compris des entreprises. Ces designers souhaitent investir leur inventivité et leur énergie pour sortir du rôle assigné de sous-traitant, et comptent bien devenir une force de proposition dans des projets plus durables. Et, point important, ils ne veulent plus que « leurs modèles soient copiés en toute liberté et impunité ».

A Saint-Etienne cette semaine, il y aura quarante trois pays représentés par 700 designers sur 17.500m² d’espaces. Et les organisateurs tablent sur 150.000 visiteurs.

La proposition est trop belle pour accepter la défaite prophétisée de la mission, après la défection de leur premier supporter. Même s’il n’était pas très sérieux de rechercher des aides de dernière minute, les designers et leur toute jeune association ont trouvé appui et soutien auprès de l’entreprise Menna, du SCAC de l’ambassade de France et l’agence Tasmine (qui a aussi dessiné le logo Atlantic, de la nouvelle radio du groupe Eco-Médias). L’équipe de la biennale validant le nouveau projet et proposant gracieusement un espace de 80m², le mobilier scénographique et l’hébergement.

L’Economiste

Mots clés: Mode , Saint-Etienne

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