Les femmes immigrées deux fois victimes

- 07h48 - Maroc - Ecrit par : L.A

Les doubles discriminations subies par les femmes immigrées en raison de leur origine et de leur sexe, ont été dénoncées dans un rapport adopté par le Parlement européen, réuni en plénière à Strasbourg.

Adopté par 449 voix, ce rapport d’initiative, présenté par l’eurodéputée grecque Rodi Kratsa-Tsagaropoulou, estime que la politique de l’Union européenne en matière de développement et de cohésion sociale doit « mettre en œuvre des mesures efficaces d’accueil et d’intégration des migrants, notamment des femmes », qui constituent 54% des migrants, en soulignant que « toute action, quelle qu’elle soit, doit prendre en considération les spécificités liées au sexe et à la situation des femmes ».

Dans ce rapport, les eurodéputés appellent également les Etats membres de l’UE à « renforcer les structures et les services sociaux qui permettront l’insertion normale des migrants »et à donner à ces femmes la possibilité de suivre des cours de langues et de s’informer sur « les obligations et droits humains, politiques et sociaux fondamentaux et les principes démocratiques » de leur pays d’accueil.

« L’intégration constitue un processus bidirectionnel qui suppose, d’une part, que les immigrantes soient disposées à assumer la responsabilité de leur intégration dans la société d’accueil et, d’autre part, que les citoyens de l’UE soient eux aussi disposés à accepter et à intégrer les femmes migrantes », soulignent-ils, en invitant les organisations de migrants à travailler activement à l’intégration de leurs membres féminins, mais également « à accepter les offres des pays d’accueil » de manière à « soutenir les efforts d’intégration des sociétés d’accueil ».

Les députés appellent, en outre, les Etats membres, sur la base de leurs législations nationales et des conventions internationales existantes, à « garantir aux femmes migrantes, qu’elles soient en situation régulière ou non, le respect de leurs droits fondamentaux et notamment la protection contre l’esclavage et la violence, l’accès aux soins médicaux d’urgence, à l’aide juridique, à l’éducation pour les enfants et les travailleurs migrants, l’égalité de traitement en ce qui concerne les conditions de travail, et le droit de s’affilier à des syndicats ».

Le rapport presse aussi les pays qui n’auraient pas encore adopté de dispositions en ce sens de faire en sorte que « les violences faites aux femmes et aux enfants soient passibles de sanctions efficaces et dissuasives selon leur code pénal », visant en particulier « le mariage forcé, la polygamie, les crimes dits d’honneur et les mutilations génitales féminines ».

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