Aéronautique : le Maroc vise un chiffre d’affaires de 15 milliards de DH en 2012

- 00h24 - Maroc - Ecrit par : L.A

Casablanca veut placer son industrie aéronautique dans l’orbite des avionneurs mondiaux, et elle dispose, à cet effet, de plusieurs atouts qui ont été exposés lors du dernier salon aéronautique du Bourget.

Le constat est simple : si en 2006 les avionneurs ont mis sur le marché 500 nouveaux avions, les carnets de commandes au niveau mondial prévoient qu’entre 2007 et 2011 il sera produit une moyenne de 1 000 appareils par an, et ce rythme serait plus ou moins maintenu jusqu’à 2025. Ce bond quantitatif est en fait la conséquence des transformations profondes que connaît aujourd’hui le monde de l’aviation civile. En effet, l’ouverture du ciel, dont le Maroc est partie prenante, se traduit par une plus grande compétition entre les compagnies aériennes qui sont passées, pourrait-on dire, d’une logique de flottes à une logique de marchés. Le phénomène des low cost ne fait qu’accentuer cette tendance, puisqu’il oblige les compagnies à optimiser leur coût d’acquisition et de maintenance.

C’est précisément dans ce créneau que l’industrie aéronautique marocaine compte franchir un nouveau palier, avec pour objectif de passer du stade actuel de sous-traitant en composants électriques, électroniques et mécaniques à la fabrication de systèmes entiers (hydrauliques, électriques, etc.) qui ont désormais la préférence des avionneurs. En d’autres termes, le Maroc veut devenir, par le biais de la technopole de Nouaceur, qui concentre le plus gros de l’activité de sous-traitance aéronautique, un équipementier majeur. Ceci est d’autant plus envisageable, estiment les pouvoirs publics et les professionnels, que certains pays concurrents, comme l’Inde, le Brésil et la Chine sont en train de passer à la vitesse supérieure en se positionnant comme nouveaux avionneurs.

Marrakech accueille le 1er Salon de l’aéronautique en octobre

Le nombre d’avionneurs dans le monde, aujourd’hui dix au total, devrait donc s’élargir dans les années à venir. Dans ce contexte favorable, quels sont les atouts du Maroc, plus précisément de Casablanca ?

D’abord, il y a l’existence d’un réseau d’industriels aéronautiques déjà installé : on compte aujourd’hui, entre Casablanca et Tanger, 31 entreprises opérant dans le secteur de l’aéronautique et employant près de 5 000 personnes (1 500 en 2000 et 2 500 en 2003) pour un chiffre d’affaires global de 3 milliards de dirhams. Cinq nouvelles unités doivent s’installer incessamment, suite aux conventions signées à l’occasion de la tenue du Salon aéronautique du Bourget, en juin dernier. Les trois plus importantes conventions ont été signées entre l’Office national des aéroports (ONDA) et des entreprises françaises. La première, signée avec le groupe français ARM, pour un investissement de 3 millions d’euros (33 MDH), devrait permettre la création de 100 emplois directs. Il s’agit d’une unité d’usinage de pièces aéronautiques à Casablanca. Les deux autres, portant sur la construction et l’exploitation de sites industriels d’une superficie totale de 20 000 m2, ont été signées avec Auvergne Aéronautique. Ces sites abriteront des unités de construction de pièces d’aéronefs, de chaudronnerie et de traitement de surface, avec un investissement de 15 millions d’euros (165 MDH) et la création de 350 emplois directs. Selon les estimations faites, le secteur devrait employer plus de 10 000 personnes d’ici 2012 et le chiffre d’affaires projeté atteindra 15 milliards de DH.

Ensuite, et c’est le deuxième atout, le Maroc se targue d’« avoir un bassin d’emploi diversifié et qualifié », que ce soit au niveau de la main-d’œuvre issue des centres de formation professionnelle ou des ingénieurs et techniciens. Cette main-d’œuvre devra être renforcée par la création, dès 2008, à Casablanca, d’un Institut des métiers de l’aéronautique.

Enfin, il y a les atouts classiques souvent avancés : proximité de l’Europe, environnement juridique des affaires, incitations fiscales et coûts de production compétitifs.

Et, pour mieux présenter l’offre globale du Maroc en la matière, rien de mieux qu’un salon. Le Maroc aura donc, à partir d’octobre prochain, son salon de l’aéronautique dont la première édition se tiendra à Marrakech. Pouvoirs publics et professionnels entendent profiter de la rencontre, où sont attendus tous les grands noms mondiaux du secteur, pour présenter et vendre aux avionneurs l’offre Maroc et les convaincre de venir s’y installer.

La vie éco - M.M.

  • Aero-Expo 2007 à Marrakech en octobre prochain

    Le premier salon international des industries et services aéronautiques se tiendra à Marrakech du 24 au 27 octobre prochain avec la participation de 150 exposants étrangers spécialisés dans les services, la maintenance et les technologies aéronautiques.

  • Sous-traitance aéronautique : Les commandes en hausse

    Les commandes d'avions décollent et les sous-traitants marocains se frottent déjà les mains. La soixantaine d'entreprises opérant dans l'aéronautique s'attend en effet à une hausse d'activité. « Les commandes passées au Bourget et à Dubaï viennent grossir les carnets de commandes. La répercussion directe se résume en une augmentation de la cadence de production », souligne Thomas Corbel, secrétaire général du Groupement des industriels aéronautique et spatial (GIMAS), installé à Casablanca.

  • Un milliard d'euros de chiffre d'affaire pour l'aéronautique en 2012

    Le secteur de l'aéronautique au Maroc, qui compte une cinquantaine d'entreprises employant plus de 2.000 personnes, entend tripler son chiffre d'affaire et le porter à un milliard d'euros d'ici 2012.

  • L'aéronautique devrait quadrupler ses éffectifs en 5 ans

    Le Maroc attire de nombreux groupes étrangers du secteur aéronautique, et table sur la création de 20.000 nouveaux emplois dans cette branche industrielle, en passe de faire du royaume un leader du sud de la Méditerranée. Le secteur qui emploie actuellement 6.000 personnes, devrait générer 20.000 nouveaux emplois dans les cinq ans à venir, a indiqué mercredi le ministre marocain de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Ahmed Reda Chami, à l'occasion de l'ouverture du premier Salon international aéronautique de Marrakech.

  • Le secteur aéronautique, inexistant il y a 5 ans, compte aujourd'hui 6.000 salariés

    Le secteur de l'aéronautique au Maroc, quasi inexistant en 2000, compte aujourd'hui 60 entreprises, emploie 6.000 salariés, et affiche un taux de croissance à deux chiffres.

  • Salon de l'aéronautique : Etrange report

    La nouvelle est tombée comme un couperet. Le salon de l'aéronautique Aéroexpo qui devait se tenir à Marrakech du 24 au 27 octobre est reporté de trois mois. Une nouvelle date est fixée du 23 au 26 janvier 2008. Selon un communiqué d'IEC, agence organisatrice du salon, ce changement a été imposé par les autorités marocaines.

  • Auvergne Aéronautique ouvre une deuxième usine au Maroc

    Le groupe français "Auvergne Aéronautique" va ouvrir une seconde usine au Maroc courant 2009. Installé dans le Royaume depuis avril 2008, la nouvelle unité industrielle du groupe sera entièrement dédiée à l'assemblage de sous-ensembles aéronautiques.

  • Aéronautique : Les investisseurs se bousculent

    L'aéronautique, pilier du plan Emergence, est un secteur qui décolle. C'est ce qui ressort de la dernière étude sectorielle émanant du centre d'intelligence économique de BMCE Bank. Le marché mondial connaît une conjoncture favorable à l'aviation, qui se caractérise notamment par le développement des compagnies low-cost ou les accords d'open sky.

  • Le Maroc, royaume de l'aéronautique low-cost

    « Il faut savoir ne pas être franchouillard et suivre le mouvement. » Dans un restaurant chic de Casablanca, Jean-Paul Remezy, vingt ans de sous-traitance aéronautique derrière lui, fête avec deux proches collaborateurs la création de sa société marocaine. Lundi 3 décembre, Mohican est né.

  • Le Maroc au salon aéronautique de Farnborough 2010

    Le salon aéronautique de Farnborough 2010, organisé du 19 au 25 juillet en Grande Bretagne, accueille pour la première fois des professionnels marocains.