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Affaire de l’assassinat du Marocain à Anvers : le meurtrier interné pour démense

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9 mai 2003 - 13h22 - Maroc

L’assassin d’un jeune enseignant marocain, Mohamed Achrak 27 ans, en novembre dernier à Anvers (Belgique), ne sera pas jugé.
Le coupable de 66 ans, Constant Van Linden, aurait agi par démence. Ses avocats ont, en tout cas, réussi à en convaincre le parquet en démontrant que leur client souffrait d’une schizophrénie paranoïaque. La justice belge a ordonné, mardi, que Van Linden soit interné pour raisons psychiatriques.

Le meurtrier qui avait froidement abattu par balle un ressortissant marocain venu rendre visite à son père (voisin de Van Linden), dans la commune de Borgerhout, et tenté ensuite de tuer le père de la victime, échappe à une condamnation à laquelle s’attendait la communauté musulmane de Belgique, pour qui, ce crime est un acte raciste sans plus.

Dénué de tout motif apparent, le meurtre ne pouvait traduire qu’une haine raciale qui a été, d’ailleurs, à l’origine d’une série noire dont a été la cible la communauté maghrébine installée en Belgique. L’on se rappelle cet autre jeune marocain, Mostafa Dahmani, 25 ans, tué par balle dans la localité de Gilly (près de Charleroi) après avoir tenté de pénétrer dans le jardin de son voisin pour récupérer son ballon. Hystérique, son voisin, Louis Dardenne, 62 ans, n’a pas hésité à dégainer son arme pour l’abattre. La justice belge l’a inculpé, en août dernier, pour meurtre avec préméditation.

L’année écoulée a été, également, marquée par ce crime sanglant commis par un forcené, Hendrik Vyt, dans la commune de Schaerbeek. Hendrik a tué par balle un couple marocain, Isyasni, et blessé deux de leurs enfants avant de pointer son arme sur les voisins de la famille venus intervenir. Deux des voisins ont été touchés. Vyt avait eu un conflit avec la famille marocaine un peu avant de piquer sa folie meurtrière. La police appelée avant le meurtre s’est refusée d’intervenir. Au moment de l’arrestation, le meurtrier a été mortellement touché par une balle lors d’un échange de tirs avec la police.

La montée du racisme puisée dans l’essence même de l’extrême droite du "Vlaams Blok" a fini par susciter la colère légitime de la communauté immigrée en quête de l’intégration au sein de la société belge. Le meurtre d’Anvers a eu l’effet d’une bombe, d’autant que c’est dans cette localité justement où vit un bon nombre de la communauté étrangère et où l’extrême droite a réalisé ses meilleurs scores. Plusieurs jeunes ont protesté dans les rues et provoqué des émeutes que la police a trouvé du mal à circonscrire rapidement.

Une association qui s’est fait appelée "Ligue arabe européenne" (LAE) a été accusée par le maire de la ville d’avoir attisé volontairement la colère des jeunes et alimenté la tension à Anvers. Le président de la LAE, un Libanais de 31 ans, Dyab Aboujahjah, avait été, même, interpellé pour répondre de cette accusation avant d’être relâché, quelques jours plus tard. Un acte que certains membres de La LAE ont qualifié de "manoeuvres d’intimidation".

Libération

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