« Ne pas avoir l’air trop arabe » : comment l’industrie a voulu effacer l’identité marocaine de La Zarra
Le 24 mars 2026, la chanteuse québécoise d’origine marocaine La Zarra a dévoilé son deuxième album en indépendante. Dans l’industrie musicale, l’artiste dénonce de violentes pressions passées exigeant de modifier son apparence pour masquer ses origines marocaines.
Selon La Presse, son ancienne multinationale dictait ses moindres choix artistiques avant le concours de l’Eurovision. Fatima-Zahra Hafdi, de son vrai nom, devait notamment modifier sa couleur de cheveux et contrôler ses discours publics afin de « ne pas avoir l’air trop arabe ».
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À ses débuts, l’artiste taisait ses racines marocaines par pur instinct de protection. Elle refusait d’être cantonnée à une identité péjorative ou de fournir des arguments à ses détracteurs contre sa communauté. Elle affirme cependant n’avoir jamais ressenti de honte face à son histoire familiale.
Ces lourdes contraintes identitaires ont gravement détérioré sa santé mentale, provoquant des crises de panique et des troubles obsessionnels compulsifs. Sans une rupture nette, elle estime qu’elle serait tombée « encore plus dans les Xanax et dans l’alcool », jusqu’à en mourir. Son geste controversé à l’Eurovision représentait finalement une sortie de secours vitale. « Mon geste, plus ou moins conscient, a été une bénédiction », souligne-t-elle pour expliquer sa volonté de s’éloigner d’un entourage toxique.
Après une phase de reconstruction au Maroc et en Italie, la mère de famille a monté sa propre structure de production. Accompagnée par la chanteuse Dominique Fils-Aimé sur le volet administratif, elle a financé son projet grâce à des subventions et à ses économies, s’affranchissant définitivement des injonctions de l’industrie.
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Son nouvel opus, Der Himmel, intègre désormais des sonorités arabisantes pleinement assumées, mêlées à la chanson française et au flamenco. L’artiste, qui ne cherche plus la gloire à tout prix, souhaite aujourd’hui privilégier la scène à son propre rythme pour préserver un équilibre avec sa santé mentale.