Ali Lamrabet refuse une proposition de transfèrement vers la France

- 09h33 - France - Ecrit par :

Le journaliste franco-marocain Ali Lamrabet, condamné à trois ans de prison ferme pour outrage au roi, a refusé le transfèrement sanitaire vers la France qui lui avait été proposé par des responsables français, a-t-on appris jeudi à Rabat.

Cette proposition avait été transmise au journaliste par une mission de parlementaires français qui lui a rendu visite mardi à l’hôpital de Rabat, peu après l’annonce de l’interruption de la grève de la faim qu’il observait depuis le 6 mai, a indiqué à l’AFP son avocat Abderrahim Jamaï - sans pouvoir indiquer si les autorités marocaines avaient déjà agréé cette requête.

Il n’a pas été possible d’obtenir de précision à ce sujet jeudi auprès du ministère marocain de la Justice.

"Par honnêteté et cohérence avec une ligne de conduite adoptée depuis le début de cette affaire, je ne peux accepter cette offre", explique Ali Lamrabet dans une lettre adressée jeudi à Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée nationale française, dont l’AFP a reçu une copie.

Un transfert vers la France du journaliste franco-marocain, condamné le 17 mai en appel à trois ans de prison et à l’interdiction de ses deux journaux satiriques, était rendu possible par l’application d’une convention judiciaire signée entre les deux pays, a précisé Me Jamaï à l’AFP.

Après ce transfèrement, le journaliste pouvait purger le reste de sa peine en France, a précisé l’avocat. Il pouvait même dans ce cadre bénéficier d’une révision de la peine infligée au Maroc, à la lumière de la législation française applicable pour les faits pour lesquels il a été condamné, a-t-il précisé.

Dans sa lettre au président de l’Assemblée nationale française, Ali Lamrabet refuse l’offre qui lui a été faite "par principe et par un sens de l’honneur que certains responsables marocains ne peuvent comprendre".

"Je ne peux utiliser la nationalité française que je porte pour échapper à un +châtiment+ que je considère injuste, disproportionné et indigne d’un Etat qui se prétend en voie de démocratisation", écrit-il, ajoutant qu’actuellement "quatre autres journalistes marocains sont injustement emprisonnés pour des faits de presse".

Axel Poniatowski (UMP, parti chiraquien) et Geneviève Perrin-Gaillard (socialiste) s’étaient rendus mardi au chevet du journaliste. Ils "se sont réjouis" que M. Lamrabet "ait décidé de mettre un terme à sa grève de la faim", avait indiqué un communiqué de la présidence de l’Assemblée nationale.

Ali Lamrabet, 44 ans, affaibli par sa grève de la faim entamée le 6 mai, avait décidé mardi de mettre fin à son jeûne après des visites du prince Moulay Hicham, cousin germain du roi Mohammed VI du Maroc.

Selon le prince, Ali Lamrabet avait été "sensible notamment à l’argument selon lequel il servirait mieux sa cause en restant vivant et à l’idée qu’il ne fallait pas confondre dignité et fierté".

Le Premier ministre marocain Driss Jettou avait reçu, lors de sa visite à Paris le 16 juin un message du président français Jacques Chirac préconisant la "modération" dans cette affaire.

La famille d’Ali Lamrabet continuait de s’inquiéter vivement jeudi de l’état de santé du journaliste. Ce dernier ne bénéficie, selon un communiqué signé par son frère médecin Hassan Lamrabet, ni d’une "prise en charge médicale adaptée à sa santé" ni d’une "précaution particulière".

AFP

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