« L’appareil est en panne » : Le gros mensonge de certains restos chics de Rabat
Dans les quartiers huppés de la capitale, de nombreux établissements haut de gamme refusent les paiements par carte bancaire. Sous couvert de pannes techniques, cette pratique généralisée cache surtout une volonté d’échapper au contrôle fiscal et pénalise les touristes.
À Agdal ou Hay Riad, la phrase « l’appareil est en panne, paiement en espèces uniquement » est devenue monnaie courante. Selon [Goud.ma], cette situation touche des dizaines de restaurants de luxe qui se revendiquent pourtant modernes. Ce refus systématique du paiement électronique (TPE) survient alors que le Maroc s’accélère vers la numérisation de ses services en vue d’accueillir des événements mondiaux majeurs.
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Pour de nombreux observateurs, ce blocage n’est pas technique mais financier. La carte bancaire laisse une trace numérique indélébile, obligeant à une déclaration transparente du chiffre d’affaires. Un client régulier de Hay Riad témoigne de son exaspération : « Il est illogique de trouver un restaurant classé, où l’addition dépasse 500 dirhams, et qu’on vous demande de payer en liquide. Les excuses sont toujours les mêmes : panne de réseau ou appareil en réparation. »
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Cette dépendance au liquide nuit gravement à l’image touristique de Rabat. Les visiteurs étrangers se voient souvent contraints de chercher des distributeurs en pleine nuit pour régler leur dîner. De leur côté, les associations de protection des consommateurs dénoncent une « tromperie commerciale ». Bien que Bank Al-Maghrib ait réduit les commissions pour encourager la monétique, certains établissements préfèrent rester dans une zone d’ombre fiscale au détriment des droits des clients.