Elle attaquait le Maroc, elle finit en prison en Algérie après un séjour à Tindouf

- 17h00 - Monde - Ecrit par : Mohamed A.

Star des plateaux télévisés et ardente défenseure des séparatistes sahraouis, l’avocate algérienne Latifa Dib a brutalement chuté. Pour s’être plainte d’agressions subies dans les camps de Tindouf, elle purge désormais une lourde peine de prison ferme.

C’est l’histoire d’un spectaculaire retour de bâton. Devant ses 87 000 abonnés, la juriste s’affichait avec Brahim Ghali et multipliait les diatribes virulentes contre le Maroc. L’ironie du sort a pourtant frappé lors d’une visite à la frontière. À la tête d’une association féminine, elle s’est rendue à Tindouf. Sur internet, elle a ensuite affirmé avoir été brutalisée, séquestrée dans un hôtel puis expulsée par des membres du Front Polisario. Pour obtenir justice, elle a directement pris à partie le président Abdelmadjid Tebboune et le chef de l’armée Saïd Chengriha.

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Cet appel à l’aide s’est instantanément retourné contre elle. Le pouvoir n’a supporté aucune critique envers le mouvement indépendantiste, ni l’instrumentalisation des dirigeants de l’État à des fins personnelles. Comme le relate Jeune Afrique, le tribunal d’Alger a fait preuve d’une sévérité expéditive. Jugée le 8 juin pour « atteinte aux symboles de la République » et pour des diffusions « de nature à porter atteinte à l’intérêt national », elle a écopé de quatre années d’emprisonnement et d’environ 1 300 euros d’amende. Définitivement radiée du barreau, elle croupit aujourd’hui dans une cellule pour femmes à Koléa.

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Cette sanction clôture une trajectoire atypique. Avant de porter la robe, cette diplômée en droit et en anglais dirigeait une agence immobilière et un magasin de vêtements. Sa notoriété avait explosé en 2025 lorsqu’elle avait défendu un cadre dénonçant des malversations financières au sein du Croissant-Rouge. Ce dossier l’avait propulsée sur toutes les chaînes de télévision, où elle s’était imposée comme une redoutable porte-voix du régime. Un excès de confiance qui a fini par causer sa propre perte.