Attentats de Casablanca : Les terroristes projetaient d’autres attentats

- 07h26 - Maroc - Ecrit par :

Saisie de grandes quantités de Pentrite
Une véritable fabrique de bombes découverte à Hay Tacharouk

Un grand sinistre a été évité de justesse, mardi, à la Préfecture de Police de Casablanca où une grande quantité de produits rentrant dans la confection des bombes artisanales utilisées par les kamikazes du 16 mai a été acheminée sans précaution depuis un atelier installé à Hay Tacharouk (Sidi Moumen) jusqu’au siège de cette préfecture au Maarif. Les produits explosifs et inflammables, sensibles à la chaleur et aux chocs, se trouvaient au parking, dans une estafette, soumis à une température assez élevée. Récit d’une journée de grande panique.

Suite à une information fournie par l’un des terroristes impliqués dans les attentats-suicides qui ont endeuillé le pays, les services chargés de l’enquête ont fait une très importante découverte en se rendant dans un local situé à Hay Tacharouk, un quartier dortoir de Sidi Moumen.

C’est l’atelier où ont été fabriquées les bombes qui ont explosé à l’hôtel Farah, à la Casa de Espana, devant le consulat de Belgique, au centre de l’alliance juive et à Arsat Ftihat. Il y avait tout un stock de matières premières conditionnées dans des bouteilles en verre d’un litre et de 75 cl ainsi que dans des locaux déposés dans un réfrigérateur et un métier servant à tresser les cordeaux d’étonnants.

Près d’un millier de récipients remplis de produits chimiques ont été comptés. Ce qui indique que les terroristes qui ont commandité les attentats du 16 mai ne comptaient pas en rester là, mais qu’ils avaient bien d’autres lugubres desseins et que pour l’exécution de leurs ignobles actes, ils avaient où préparer d’autres kamikazes prêts à se suicider. C’est dire que cette découverte et le démantèlement du réseau terroriste qui est derrière les tragiques événements de Casablanca ont permis d’éviter d’autres drames.

D’autres attentats étaient certainement projetés à Casablanca ou dans d’autres localités du Royaume.

Mardi matin, à la Préfecture de Police où se trouvaient les produits saisis, l’alerte aurait été donnée par les policiers étrangers qui se trouvent à Casablanca dans le cadre de la coopération internationale pour la lutte contre le terrorisme. Il fallait neutraliser immédiatement l’effet des produits inflammables et explosifs qui étaient exposés à la chaleur du soleil et qui risquaient de provoquer une explosion susceptible non seulement de souffler le siège de la Préfecture de Police et ses occupants, mais d’autres bâtiments du Maârif.

Parmi les produits, on pense savoir qu’il n’y avait pas seulement l’acétone, un solvant en vente libre utilisé par de nombreuses industries, ou encore de l’eau oxygénée entrant dans la composition des mélanges détonnants, mais également un redoutable explosif, la pentrite qui a défrayé la chronique après les attentats du 11 septembre à New York. C’est ce produit qui a été retrouvé dans les baskets de Richard Red, l’homme qui a tenté de se faire exploser en décembre 2001 dans l’avion assurant le vol Paris-Miami.

Le même produit a également fait parler de lui à la veille des dernières élections législatives au Maroc à la suite de sa découverte à bord d’un Boeing 737 de la RAM qui assurait la liaison Marrakech-Metz via Marseille. C’était le 25 septembre 2002. On apprenait à l’époque que cet explosif est particulièrement apprécié par les extrémistes se prétendant islamistes. Aussi, si la présence de la pentrite se confirme, il n’y aura plus de doute sur l’implication de mains étrangères dans les attentats de Casablanca.

Pour revenir à la situation à la Préfecture de Police après l’alerte, en plus des spécialistes marocains et étrangers du terrorisme, des artificiers de différents corps et la Protection Civile ont été appelés à intervenir pour neutraliser les explosifs.

On devait tout d’abord procéder à leur refroidissement en les arrosant à l’aide des lances d’eau des sapeurs-pompiers, couper les produits avec l’eau afin de réduire leur effet, placer les récipients dans des bacs remplis de sable (des poubelles collectives en plastique ont été utilisées à cette fin) avant de les transporter à destination d’un dépotoir à Mejjatia, à la périphérie de Casablanca, où ils ont été détruits.

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