La Belgique a du mal à expulser les Marocains

- 23h00 - Belgique - Ecrit par : P. A

La ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden, entend accélérer le transfert des détenus étrangers et notamment marocains vers leurs pays d’origine pour désengorger les prisons. Depuis le 23 octobre dernier que le pays a signé un accord avec le Maroc visant à renvoyer au moins 50 détenus par an, pas un seul transfert n’a été effectué.

« Nous insistons également auprès des Pays-Bas pour qu’ils acceptent à nouveau des transferts, ce qui redevient peu à peu une réalité. Un renforcement du nombre d’escorteurs au sein de la police aéronautique devrait accélérer les transferts », a déclaré la ministre en commission Justice de la Chambre. Et d’ajouter : « Il est illusoire de penser que nous parviendrons subitement à déloger 2 000 détenus de nos prisons. Pour les internés, nous nous heurtons aux limites que présente la capacité du circuit des soins. En 2026, 90 places supplémentaires seront disponibles dans les maisons de soins. »

À lire : Belgique : Ces détenus marocains qui rentrent au pays, de force

Malgré la prise de cette mesure destinée à lutter contre la surpopulation carcérale, les prisons belges restent toujours bondées. Toutefois, cette réforme a permis la libération anticipée de 600 condamnés six mois avant la fin de leur peine, tandis que 520 ont obtenu une surveillance électronique et 114 une libération conditionnelle. De même, 950 autres ont obtenu une suspension de peine, en attendant la décision du tribunal de l’application des peines, fait savoir La Dernière Heure.

À lire : La France veut expulser les détenus marocains

Selon Annelies Verlinden, la loi d’urgence peine à produire les résultats escomptés en raison de la reprise par les procureurs du Roi de l’exécution de nombreuses peines suite à leurs actions contre la réforme des pensions, l’augmentation du nombre de détenus en automne, de la non-prolongation des congés pénitentiaires et de la hausse des condamnés en situation irrégulière et de personnes internées.

À lire : France : les détenus marocains bientôt expulsés ?

Face à la surpopulation carcérale, l’État belge prévoit « de créer des capacités supplémentaires en installant des unités modulaires ». « Haren, le partenariat public-privé prévoit que la surpopulation peut atteindre 15 %, moyennant le paiement de frais supplémentaires aux services facilitaires. Au-delà, une indemnité additionnelle doit être versée. Cela correspond à 178 lits supplémentaires. Les 43 lits sont la première phase d’une modification au contrat, qui prévoit 53 lits supplémentaires. Une extension supplémentaire est à l’étude », conclut la ministre.