Ben Barka : mandats d’arrêt contre 5 responsables marocains

- 22h27 - France - Ecrit par : L.A

Alors que Nicolas Sarkozy est en visite d’Etat au Maroc, le juge français en charge de l’affaire Ben Barka lance une série de mandats d’arrêt contre des dignitaires du régime.

L’affaire tombe mal. Le juge Patrick Ramaël, qui instruit le dossier de la disparition en 1965 à Paris de l’opposant marocain Medhi Ben Barka, a signé lundi cinq mandats d’arrêt internationaux visant des Marocains, dont le chef de la gendarmerie royale. Ce nouveau développement intervient le jour de l’arrivée du président Nicolas Sarkozy au Maroc pour une visite d’Etat de trois jours.

La Chancellerie dément

En revanche, si France 3, qui révèle l’information, assure que les mandats d’arrêt ont été délivrés, la Chancellerie dément. Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la Justice, a expliqué lundi soir « qu’à ce jour aucun mandat d’arrêt n’est parvenu au ministère de la justice ». Apparemment, le parquet lui-même n’a donc pas encore été saisi des intentions du juge, même « si on savait que cette décision du magistrat était dans les tuyaux ».

S’il vient à être saisi, le parquet devra communiquer le dossier au parquet général, auquel il appartiendra de le transmettre à la Chancellerie. Si, une fois saisi, le ministère de la Justice « donnait le feu vert » à la demande du juge Ramaël, il saisirait alors le Bureau central national, pour exécution. C’est seulement alors que les mandats d’arrêt internationaux seraient stricto sensu délivrés.

Une affaire qui empoisonne les relations franco-marocaines

Selon France 3, les cinq personnes visées sont, : le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine ; Abdelkader Kadiri, ancien patron de la Direction générale des études et de la documentation (DGED, renseignements militaires) ; Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, l’un des membres présumés du commando marocain qui a enlevé l’opposant marocain ; Boubker Hassouni, infirmier et agent du Cab 1, une des unités des services marocains ultra secrète ; et Abdlekak Achaachi, également agent du Cab 1.

Mehdi Ben Barka était le leader de l’opposition socialiste au roi Hassan II et une figure du mouvement tiers-mondiste. Suivi de près à la fois par la CIA, le Mossad israélien et les services secrets français et marocains, il a été enlevé devant la brasserie Lipp, à Paris, le 29 octobre 1965 par deux policiers français qui travaillaient pour le Sdece (l’ancêtre de la Dgse). On ne l’a jamais revu, mais les services secrets marocains sont soupçonnés de l’avoir fait disparaître. La justice française enquête depuis des années sur ce dossier qui empoisonne les relations franco-marocaines.

Le Figaro - Samuel Laurent

  • Affaire Ben Barka : quatre Marocains visés par des mandats d'arrêts internationaux

    Des mandats d'arrêts internationaux à l'encontre de Hosni Benslimane, Abdelhak Kadiri, Miloud Tounsi et Abdelhak Achaachi ont été diffusés par Interpol pour la disparition de Mehdi Ben Barka en 1965 à Paris.

  • Affaire Ben Barka : Patrick Ramaël refuse de répondre à la demande d'Interpol

    Patrick Ramaël, le juge en charge de l'affaire Ben Barka, a refusé de donner plus de précisions à Interpol à propos des quatre mandats d'arrêt émis le 18 septembre à l'encontre de quatre Marocains.

  • Benslimane interdit dans 185 pays ?

    Le secrétariat général d'Interpol aurait reçu le mandat d'arrêt international lancé par le juge français Patrick Ramaël chargé d'instruire l'affaire de disparition de Mehdi Ben Barka.

  • Affaire Ben Barka : perquisition à la DGSE

    Le juge français Patrick Ramaël, chargé de l'affaire Ben Barka, a ordonné une perquisition au siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). L'objectif serait de mettre à jour les informations détenues par les services de sécurité français dans l'affaire de l'opposant au régime Hassan II.

  • Rachida Dati accompagnera Sarkozy au Maroc

    La ministre française de la Justice Rachida Dati, accompagnera le président Nicolas Sarkozy au Maroc pour une visite d'Etat de trois jours à compter de lundi. Première personnalité d'origine étrangère à diriger un ministère régalien en France, Rachida Dati est l'un des symboles de l'ouverture du président de la République à la "diversité".

  • La France et le Maroc d'accords pour le TGV

    Le président de la République Nicolas Sarkozy est arrivé, lundi 22 octobre à Marrakech, dans le sud du Maroc, pour une visite d'Etat de trois jours dans le pays, au cours de laquelle seront signés d'importants accords économiques entre les deux pays. A peine le président arrivé, l'Elysée a annoncé plusieurs accords bilatéraux. Le premier concerne la réalisation d'une ligne de train à grande vitesse (TGV) entre Tanger et Casablanca. La France et le Maroc ont signé un protocole d'accord pour la réalisation de cette ligne

  • Au Maroc, Sarkozy prêche pour son Union méditerranéenne

    Au Maroc, pour sa première visite d'Etat en tant que président de la République, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il entendait organiser une deuxième conférence euro-africaine alors que la France doit prendre la présidence de l'Union européenne au deuxième semestre 2008.

  • La France et le Maroc s'engagent dans un partenariat nucléaire civil

    Nicolas Sarkozy a déclaré, mardi soir, que la France et le Maroc avaient décidé de s'engager dans un "partenariat" dans le domaine du nucléaire civil. "La France veut accompagner les grands chantiers structurants que votre pays a lancés pour tirer le meilleur parti de son intégration à l'économie mondiale", a-t-il expliqué dans un toast porté en l'honneur du roi Mohammed VI, lors d'un dîner officiel, au deuxième jour de sa visite d'Etat au Maroc. "Par-delà le projet de TGV (...), j'ai le plaisir d'annoncer que nous avons décidé de nous engager ensemble dans un autre grand chantier, un autre grand partenariat, celui de l'énergie nucléaire civile", a-t-il poursuivi.

  • Le Maroc et la France signent pour 3 milliards d'euros de contrats

    Le président Nicolas Sarkozy a annoncé mardi à Rabat que la France avait signé la veille des contrats avec le Maroc pour un montant de 3 milliards d'euros. "C'est une magnifique visite d'Etat. Les intérêts de la France y sont bien défendus. Nous avons signé pour trois milliards de contrats hier (lundi) avec Sa Majesté", a déclaré le président français aux journalistes à la suite de son intervention devant le Parlement marocain.

  • Nicolas Sarkozy au Maroc

    Nicolas Sarkozy est arrivé lundi après-midi à Marrakech pour une visite d'Etat de trois jours au Maroc, la première de son quinquennat. Le président français a été accueilli à sa descente d'avion par le roi Mohamed VI, avec qui il devait ensuite avoir un premier entretien et présider la signature d'une série de conventions et d'accords économiques.