Il met les bijoux de sa famille en gage pour racheter une entreprise, ce Marocain finit patron de cinq sociétés

- 13h00 - France - Ecrit par : Betty de G.

Pendant neuf ans, Youssef Ouarradi et son épouse ont assuré seuls un service d’alarme jour et nuit. Lui démarchait les clients, installait les équipements et intervenait lors des déclenchements. Le couple a même habité un temps dans les locaux de l’entreprise.

En 1982, Youssef Ouarradi arrive en France depuis le Maroc. Né en 1966, il a arrêté l’école en CM2 et ne possède aucun diplôme. Il commence par de petits boulots avant de rejoindre son frère, qui dirige Alarmes Charentaises, une entreprise spécialisée dans les systèmes de sécurité.

En 1991, la société dépose le bilan. Youssef décide de la reprendre. Pour réunir les garanties nécessaires, il met des bijoux familiaux en gage et trouve un créancier prêt à le soutenir.

« J’ai remboursé tout le monde », raconte-t-il dans un portrait publié en juin 2024 par le Medef de Charente-Maritime.

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Les années qui suivent ne lui laissent guère de répit. Le matin, il cherche des clients. L’après-midi, il installe les alarmes. La nuit, il repart lorsqu’un système se déclenche. Son épouse partage ce quotidien jusqu’en 2000.

L’entreprise finit par se développer. Lors de son témoignage en 2024, Alarmes Charentaises réalisait deux millions d’euros de chiffre d’affaires et employait 25 personnes en équivalent temps plein.

Cinq entreprises et un nouveau pari à Royan

Youssef Ouarradi a progressivement diversifié ses activités : sécurité, télésurveillance, téléassistance et matériel médical. En juin 2024, son groupe comptait cinq sociétés, totalisant huit millions d’euros de chiffre d’affaires et entre 80 et 130 emplois en équivalent temps plein selon la saison.

Il s’est également lancé dans la restauration. À Royan, il reprend Le Mogador, dont il connaissait déjà le propriétaire. Les deux hommes étaient devenus amis après des débuts difficiles. Sous sa direction, l’établissement passe de trois à dix collaborateurs et approche le million d’euros de chiffre d’affaires annuel.

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En juin 2025, un autre projet vient prolonger son parcours. La ville de Royan retient sa candidature, présentée avec l’entrepreneur Frédéric de Guitarre, pour réaménager l’ancien restaurant Le Tiki, près de la plage de la Grande Conche.

Le dossier examiné par le conseil municipal prévoit un investissement collectif pouvant atteindre 3,8 millions d’euros hors taxes avec la construction d’un étage, contre 3,21 millions pour une rénovation limitée au rez-de-chaussée.

Le projet prévoit trois espaces de restauration : un restaurant gastronomique, un établissement bistronomique et une aire de restauration partagée. Le calendrier présenté en 2025 envisageait une ouverture entre juin 2028 et avril 2029.