Brahim Ghali à la TICAD : une diplomate tunisienne soutient le Maroc contre Kaïs Saïed

- 13h40 - Maroc - Ecrit par : S.A

L’invitation du chef du Polisario Brahim Ghali à la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) qui se déroule les 27 et 28 août à Tunis n’est pas du goût de Samia Zouari, ancienne ambassadrice de Tunisie à Athènes. Elle déplore « une douche froide venue nous frapper comme un coup de massue avec ce grave incident diplomatique avec le Maroc frère ».

« Nos espoirs ont été et sont encore si grands de voir cette TICAD agir comme un catalyseur pour promouvoir la coopération avec tout le continent africain et surtout entre les pays africains dans le processus d’intégration économique mutuellement avantageux et nécessaire à notre développement. Mais une douche froide est venue nous frapper comme un coup de massue avec ce grave incident diplomatique avec le Maroc frère », se désole Samia Zouari dans une tribune publiée par Kapitalis.

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Elle se pose mille et une questions : « Fallait-il inviter avec tant de légèreté et d’inconséquences le Polisario alors que le Sahara occidental n’est pas un État indépendant reconnu par l’ONU ? Pourquoi jeter un tel pavé dans les préparatifs de la 8ᵉ TICAD et blesser inutilement le peuple marocain et ses dirigeants tout en mettant le Japon dans une position inconfortable alors qu’il avait exprimé d’avance son désaccord quant à cette initiative ? La diplomate note trop d’amateurisme et de couacs dans la politique étrangère actuelle de son pays. Après la brouille entre certains alliés et la Tunisie, « maintenant le Maroc, un pays frère qui n’a jamais failli à notre solidarité se sent insulté et bafoué par notre position si légère », s’agace Samia Zouari. « Où allons-nous ? S’agit-il des positions individuelles du président Saïed où est-il mal conseillé par son entourage familial et professionnel ? », questionne-t-elle.

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« Si tous les Tunisiens sont fiers de l’amitié et de la solidarité entre la Tunisie et l’Algérie, ils sont également convaincus qu’elles doivent être préservées, dans le cadre du respect mutuel et non induire une satellisation de la Tunisie aux dépens de ses relations avec un autre pays frère », estime la diplomate, ajoutant que le rôle que la Tunisie pourrait jouer, c’est celui d’une intermédiation honnête et sincère pour la nécessaire réconciliation entre les deux pays frères algérien et marocain. « Il est temps, monsieur le président, de faire cesser l’amateurisme et d’écouter les conseillers, les visiteurs étrangers, au lieu de se livrer à des monologues de cours magistral », conclut Samia Zouari.

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