Casablanca : une nouvelle taxe qui fait jaser
C’est un véritable coup de massue fiscal qui se prépare pour les propriétaires fonciers de la métropole. Réuni en session extraordinaire ce lundi, le Conseil de la ville de Casablanca s’apprête à voter une hausse drastique de la taxe sur les terrains non bâtis (TTNB). En visant le plafond légal autorisé, la commune espère renflouer ses caisses de manière spectaculaire, quitte à braquer les professionnels de l’immobilier.
La chasse aux recettes est ouverte dans la capitale économique. Pour financer ses ambitions et ses infrastructures, la mairie a décidé d’activer un levier puissant offert par la nouvelle loi 14.25 : la révision à la hausse de la fiscalité sur le foncier dormant. Adieu le vieux système de « zoning » administratif jugé obsolète ; désormais, c’est le niveau d’équipement réel du quartier qui dicte la facture. Et comme la quasi-totalité de Casablanca dispose de routes, d’électricité et de services publics, la ville compte classer la majeure partie de son territoire dans la catégorie « haut de gamme », permettant d’appliquer le tarif maximum.
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Concrètement, la note promet d’être salée. Le Conseil envisage de fixer la taxe à 30 dirhams le mètre carré, soit le seuil limite autorisé par le législateur. Pour donner une idée de l’ampleur de la hausse, les terrains destinés aux villas, jadis taxés à 12 dirhams, verraient leur imposition plus que doubler. Cette stratégie offensive permettrait à la commune d’augmenter ses recettes fiscales d’environ 30 %. L’objectif affiché est double : gonfler le budget municipal pour 2026, mais aussi forcer la main aux spéculateurs en rendant la rétention de terrains nus financièrement insupportable.
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Du côté des promoteurs immobiliers, la pilule a du mal à passer. Les professionnels du secteur perçoivent cette mesure comme une pression insoutenable sur leur stock foncier. Ils craignent de se retrouver piégés, contraints de lancer des chantiers à la hâte pour échapper à l’impôt, même dans un contexte où la demande des acheteurs n’est pas au rendez-vous.