Un cimetière d’avions au Maroc ?
Une société belge ambitionne de démanteler 30 à 50 appareils par an à l’aéroport de Charleroi. Une activité qu’elle pourrait développer au Maroc.
Alors que des endroits avec beaucoup d’espace, comme le désert de Mojave en Arizona, mais aussi les aéroports de Teruel (Espagne), Tarbes (France) ou des sites en Afrique, se sont spécialisés dans le stockage de vieux avions déclassés, Sabena Engineering, la branche du groupe Orizio spécialisée dans la maintenance aéronautique, mise sur le démantèlement de ces appareils. Il y a une place, à proximité de l’aéroport de Charleroi, pour recycler des avions, tout en se faisant de l’argent, estime l’entreprise. « Certaines pièces d’avion ont désormais une valeur inestimable », analyse Stéphane Burton, CEO du groupe aéronautique belge Orizio.
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Sabena Engineering préfère aller chercher ces pièces et les valoriser, plutôt que de transformer l’avion déclassé en un gros tas de ferraille. « Si on s’y prend bien, tout a de la valeur sur un avion abandonné, même les sièges », explique-t-on au média belge La Libre. L’entreprise procédera à ce qu’on appelle en aviation, cannibalisation : pouvoir réutiliser un maximum de pièces sur un autre avion, après une certification en bonne et due forme. « On évite tout un cycle très polluant : celui de l’extraction de minerais nécessaire à la fabrication de ces pièces, insiste Stéphane Burton. Certains éléments, comme les pompes hydrauliques, peuvent être utilisés dans d’autres secteurs, comme l’automobile. »
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Sabena Engineering ambitionne de démanteler de 30 à 50 appareils par an, « alors que 700 à 1 000 unités sortent de flotte mondiale chaque année ». Les activités du site carolo seront lancées à l’horizon 2030. En tout, 50 millions d’euros, dont 18 millions à charge de la Région wallonne (16 millions d’aides au développement et 2 millions liés au volet formation), seront investis dans le projet global. En cas de succès, l’entreprise « pourrait développer cette activité au Maroc et en Californie, soit à deux pas des plus grands cimetières actuels d’avions ».
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Au Maroc, l’Office national des aéroports (ONDA) avait lancé d’un appel d’offres international, ouvert entre le 15 avril et le 8 juin 2021, pour la sélection d’une entreprise qui assurerait, dans le cadre d’un contrat DBFOT, la conception, la construction, le financement et l’exploitation d’un centre de stockage, de déconstruction et de recyclage d’avions et d’éléments d’avions. Mais le projet est au point mort. Un blocage lié à la disponibilité du foncier.