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Combien coûte une compétence marocaine formée en Allemagne ?

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3 juillet 2007 - 00h02 - Economie

Le gouvernement Merkel souhaite « transférer » la matière grise maroco-allemande pour soutenir le développement économique du Royaume.

“Les autorités marocaines et le milieu des affaires déclarent que l’Allemagne n’est pas suffisamment présente et représentée dans le développement économique amorcé par le Maroc. Ainsi, pour répondre de manière concrète à cela, nous avons décidé de mettre en place un dispositif qui permettra aux compétences marocaines formées en Allemagne de prêter main forte au Royaume au travers d’un retour aux pays d’origine”, annonce le Dr Goottfried Hass, Ambassadeur d’Allemagne au Maroc.

D’un point de vue technique, un conseiller en charge de cette opération de réintégration est en poste à la Chambre Allemande de Commerce et d’Industrie au Maroc (à Casablanca plus précisément). Cette initiative intitulée « Programme de réintégration des experts » a plusieurs objectifs. Tout d’abord, le public visé, ce sont les jeunes diplômés et les cadres rapatriés ayant acquis une qualification professionnelle en Allemagne. « Car ces profils pourraient jouer un rôle important dans le cadre du développement du Maroc », précise Moha Ezzabdi, conseiller en charge de l’opération. Ce dernier ajoute que « le programme de réintégration du ministère allemand de coopération et de développement économique est axé sur le développement et vise à tirer parti de ce potentiel en soutenant les entreprises et les cadres au Maroc » dit-il.

En terme de potentiel, Moha Ezzabdi sous-entend les 80 000 Marocains recensés officiellement sur le sol allemand, dont 8 500 ont un statut d’étudiant. Combien seront-ils à adhérer à cette initiative publique ? Ne masque-t-elle pas une nouvelle approche de la gestion migratoire ? « L’objectif majeur n’est pas de limiter la migration, bien au contraire, il s’agit de favoriser le transfert d’expertises et de considérer l’humain comme un facteur de développement. Pour preuve, cette opération s’adresse à des profils hautement qualifiés », argue Michael Busch , directeur au Centre International de la Migration et du Développement (CIM). Quant au Dr Mohamed Rahmani, président de l’Association Marocaine des Cadres et Professionnels formés en Allemagne (MVDAFF), créée en 1995, il indique que « le transfert de savoir et connaissances est nécessaire dans le cadre de la relation Nord/Sud. Depuis sa création, notre mouvement s’attache à favoriser l’insertion des cadres au sein des entreprises marocaines, à organiser des manifestations et actions destinées à mieux faire connaître le Maroc auprès des Allemands. Par ailleurs, notre prochaine initiative sera la tenue d’un séminaire sur le mariage mixte sous l’aspect juridique et pratique ».

Jusqu’à 11 500 Dh/mois pour le recrutement d’un cadre marocain
L’autre aspect de ce dispositif repose sur l’accompagnement sous forme de bourses, prévues à cet effet. Concrètement, cela se traduit par un stage de fin d’étude pour les étudiants marocains désireux de tenter l’expérience au Royaume dans un premier temps. Puis, à son terme, c’est le programme de réintégration qui se déclenche avec des aides matérielles pour tous contrats de travail d’une durée minimale de deux ans et dont la fonction est dédiée à des postes à responsabilité où dans la perspective de programmes destinés à la mise à niveau de PME /PMI, essentiellement. « La subvention démarre à 3500 Dh/mois et peut atteindre 11 500 Dh/mois.

Nous sommes très éloigné de la stratégie du « million » proposé par le gouvernement du président français Valéry Giscard d’Estaing, en 1974, afin de convaincre les migrants des années 1960 de rejoindre leur terre d’origine. Une action qui a marqué des générations, non pas au travers de sa réussite, elle s’est soldée part un échec cuisant, mais du point de vue philosophique. Si la démarche du gouvernement de la Chancelière Angela Merkel, de prime abord, paraît louable, il n’en reste pas moins qu’à l’heure où l’on ne cesse d’entendre, de lire, de décrypter des messages codés, des discours parfois tendancieux, des positions non tranchées sur les questions liées à l’intégration des populations d’Afrique du Nord, plus particulièrement, on peut s’interroger sur les motivations réelles de ce type d’initiative. Se voir rappeler que l’Europe est une terre judéo-chrétienne, que l’histoire de ces peuples ne peut être « bafouée », de constater la problématique liée à l’intégration de la Turquie (pourtant un pays laïque), de la difficulté des Etats membres de l’UE à statuer sur une politique commune de la gestion des flux migratoires du même ordre que la fiscalité. Tout cela donne à réfléchir !

La Nouvelle Tribune - Rachid Hallaouy

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