Défense : le Maroc lance deux « zones d’accélération industrielle » et offre des exonérations fiscales
Le Maroc a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie visant à développer une industrie de défense nationale. L’Administration de la Défense nationale a annoncé avoir octroyé 10 licences pour des projets industriels liés à ce secteur, marquant le lancement concret de ce chantier stratégique.
L’annonce a été faite par le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, lors de la présentation du budget de la Défense. Il a précisé que ces dix projets représentaient un investissement total estimé à 260 millions de dollars. Il a également ajouté que cinq autres projets étaient actuellement en cours d’étude ou de finalisation.
Cette initiative vise à répondre aux « besoins des Forces armées royales » en leur fournissant des « capacités opérationnelles avancées ». Le ministre a expliqué que l’objectif était double, puisqu’il s’agit aussi de consacrer « une partie de la production à l’exportation ».
Un cadre légal et fiscal pour attirer les investisseurs
Pour concrétiser cette ambition, le Maroc prépare l’infrastructure d’accueil. M. Loudiyi a confirmé que les travaux d’aménagement de deux « zones d’accélération industrielle de défense », créées par décret en juin 2024, avaient commencé. L’objectif est qu’elles soient « prêtes à accueillir les investisseurs » avant la fin de 2026, en leur offrant des avantages fiscaux et douaniers.
Le gouvernement a également mis en place de nouvelles mesures légales pour encourager l’investissement. Celles-ci incluent l’élargissement de l’exonération temporaire de l’impôt sur les sociétés aux activités de l’industrie de défense, ainsi que des exonérations de TVA pour les entreprises de services du secteur.
Un autre levier clé est le mécanisme de « compensation industrielle », introduit par un décret de mars 2023. Cet outil vise à inciter les entreprises étrangères qui signent des contrats de défense à réaliser des investissements au Maroc et à opérer des transferts de technologie. M. Loudiyi a conclu en rappelant que le Maroc avait signé de nombreux partenariats avec des pays leaders pour encourager ce transfert et « construire progressivement une autonomie stratégique ».