Attention, le désert avance et vite !

- 15h40 - Maroc - Ecrit par : L.A

D’une année à l’autre, l’espace forestier se rétrécit au Maroc comme une peau de chagrin. Le pays perd 31.000 hectares de forêt chaque année. A ce rythme, un jour le Royaume ne sera plus qu’un grand Sahara. Il y a vraiment péril en la demeure !

Fallait-il attendre la journée mondiale de lutte contre la désertification, célébrée au Maroc comme dans le reste du monde chaque 17 juin, pour se rendre compte de l’ampleur de la catastrophe ? Dans le Royaume, la forêt recule à grande vitesse au profit du désert. Cette situation coûte cher au pays. La perte sèche occasionnée par la désertification est de 7,5 milliards de dirhams (plus de 7 milliards de dollars) par an, selon les derniers chiffres rendus publics récemment par le département des eaux et forêts au Maroc. Au delà de cette facture fort salée, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir du Royaume. Parce qu’il est aujourd’hui admis que quand des arbres disparaissent, ce sont des sols cultivables qui disparaissent aussi.

« La dégradation des terres affaiblit la fertilité des sols, brise les cycles hydrologiques et contribue à l’insécurité alimentaire, la famine et la pauvreté ainsi qu’à la migration forcée », prévient Luc Gnacadja, secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Alarmant !

Le constat du Haut commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification est tout aussi alarmant. En matière de désertification, la majeure partie (87%) du territoire national se trouve complètement en zones critiques (zones au sud des Atlas). Une autre partie (7%) est sérieusement menacée (terres agricoles et pastorales dans les zones arides et semi arides des plaines et plateaux). Que reste-t-il ? Seulement 6% de la superficie du territoire national. Encore est-il que même cette surface n’est pas épargnée. Elle est aussi partiellement menacée, puisqu’elle représente des zones sub-humides en bordures des montagnes du Rif, du Moyen Atlas et du haut Atlas. Ce qui aggrave le cas du Maroc, c’est que 93% de la superficie du territoire national se trouve sous climat sec (aride à subhumide). Mais la nature n’est pas la seule à « incriminer ». Ce sont les Marocains qui sont les pires ennemis de leur forêt.

Des milliers d’arbres sont volés chaque année partout où forêt il y a. Le bois -surtout massif- ainsi récupéré fait la fortune des braconniers de tous bords. Là aussi, la corruption facilite ce trafic. La province de Khénifra donne un exemple édifiant, le mauvais s’entend. Le vol du bois de cèdre y est légion, au point que les habitants de la région ne cessent de protester collectivement pour limiter les dégâts. En vain. Il en va de même partout ailleurs.

Du côté des officiels, on clame qu’il y a « une véritable prise de conscience du phénomène de la désertification ». Pour pallier au plus urgent, le reboisement de près de 620.000 hectares est prévu. Cette mesure s’inscrit, souligne-t-on, dans la dynamique de lutte contre la désertification. « Mais il faut aussi et surtout préserver l’existant », rétorquent nos écologistes.

Rappelons-le, après avoir ratifié en 1996 la convention de lutte contre la désertification adoptée le 17 juin 1994 à Paris, le Maroc a élaboré son Programme d’action national de lutte contre la désertification (PANLCD). Lequel a été adopté depuis juin 2001. Les chiffres officiels publiés à l’occasion de la journée mondiale contre la désertification montrent que ce plan est loin de donner les résultats escomptés. D’où la nécessité d’actions concrètes d’urgence. Sinon, on sait ce qui nous attend...

Source : Le Reporter - Mohamed Zainabi

  • Plus d'un milliard de dollar de pertes à cause de la désertification

    La désertification coûte au Maroc quelque 7,5 milliards de dirhams par an, selon les derniers chiffres rendus publics mardi à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la désertification, que le Maroc célèbre le 17 juin à l'instar du reste du globe.

  • Le Maroc ne profite pas des ALE

    Le Maroc n'a pas su tirer profit des accords de libre-échange (ALE). C'est en tout cas le constat formulé lors de la conférence organisée par le Cercle des jeunes économistes (CJE) mercredi 19 juin pour sensibiliser sur la problématique de l'export au Maroc. « Globalement, les exportations marocaines augmentent, mais moins vite que nos concurrents immédiats, ce qui se traduit par des pertes de marchés traditionnels », explique Ahmed Sif, directeur exécutif de l'Association marocaine des exportations (Asmex).

  • Le gouvernement piétine dans la lutte contre la corruption

    Le fameux Plan gouvernemental de lutte contre la corruption piétine et les exemples ne manquent pas pour le prouver, à l'instar de l'Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) qui n'a pas encore vu le jour, en dépit de la publication du décret relatif à sa création il y a plus d'une année.

  • La pauvreté a baissé de 6,3 points selon le HCP

    Des progrès notables ont été réalisés en matière d'amélioration des conditions de vie des Marocains entre 2001 et 2007, selon le Haut commissariat au plan. Le taux de pauvreté a baissé durant cette période de 6,3 points pour se stabiliser à 9% au lieu de 15,3%, selon une enquête menée du 1er décembre 2006 au 30 novembre 2007 par le HCP.

  • Sept hectares de forêts ravagés par un incendie dans le nord

    Un violent incendie a ravagé près de 7 hectares de forêts samedi dans la région de Dar Chaoui dans le nord du Maroc.

  • Le Maroc, pays en situation de stress hydrique

    On la gaspille. On la pollue. Dans certaines régions, à cause des sécheresses et de la surexploitation, il n'y en a même plus. L'eau est de plus en plus rare et plus que jamais menacée. Une meilleure gestion de cette ressource vitale s'impose.

  • Les plages marocaines où il fait bon de se baigner cette année

    Le verdict est tombé : 28 stations sont jugées non conformes à la baignade. L'exercice d'évaluation de la qualité des plages surveillées est devenu désormais un rituel, où l'on distribue les bonnes et mauvaises notes et que les autorités des villes attendent avec hantise.

  • Le tourisme au Maroc renoue avec le succès

    Le mois de mai s'avère plus propice à la détente et aux visites touristiques. C'est en tout cas ce que révèlent les statistiques de l'activité touristique en ce début d'été. Après une décrue enregistrée en début de saison en termes de nuitées, la destination Maroc renoue avec le succès. En témoignent le nombre important des arrivants aux frontières et un taux de croissance à deux chiffres.

  • 2,7% de taux de croissance en 2007

    Le Haut commissariat au plan (HCP) avait plus ou moins vu juste. Le département de Lahlimi vient d'annoncer que le Maroc a réalisé un taux de croissance de 2,7% en 2007 au lieu de 2,2% qui figurait sur les comptes prévisionnels. A signaler que le taux de 2,7% est provisoire en attendant la révision et la publication des comptes nationaux définitifs en 2010.

  • Plus de 3300 enfants soustraits du marché du travail en 2007

    Quelque 3367 enfants ont été soustraits du marché du travail et 13.126 autres ont été pris en charge en 2007.