El Himma crée son parti

- 18h40 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’annonce de la création du Mouvement pour tous les démocrates (MTD), initié par un groupe autour de Fouad Ali El Himma, est ressentie comme un séisme dans la classe politique traditionnelle. En moins de 6 mois après sa décision de se lancer dans les élections législatives, le député des Rhamna rentre de plain-pied dans la vie politique partisane.

Jusqu’alors indépendant et ne se réclamant d’aucune mouvance, il passe à l’acte pour se doter d’une organisation qui a l’allure d’un vrai parti politique en gestation. Les députés se bousculaient déjà à la porte de son groupe parlementaire « Authenticité et modernité », il est fort à parier que son « Mouvement pour tous les démocrates » provoquera le même appel d’air. Deux raisons essentielles devraient lui assurer un succès garanti. D’abord, sa valeur personnelle intrinsèque du fait de sa proximité avérée avec le Souverain qui a déjà servi pour son triomphe aux élections. Ensuite, le pari sur le MTD et le grand avenir promis à son fondateur feront beaucoup de déçus de la politique telle qu’elle se pratique jusqu’ici.

El Himma et ses compagnons jouent sur du velours en dénonçant le déficit de mobilisation des élites et des partis dans l’encadrement des citoyens. Ils profitent des crises qui laminent plus d’un parti politique depuis le scrutin de septembre pour se présenter en tant qu’alternative aux tenants de la « démission et la passivité ». Comme il l’a fait pour son entrée fracassante dans la compétition électorale il y a cinq mois, El Himma surprend encore une fois la classe politique avec le même volontarisme. Il veut ratisser large en laissant son initiative « ouverte à tous les démocrates, indépendamment de leur appartenance partisane ». Mais à la lecture du premier communiqué public, le MTD lève le voile sur le positionnement centre-gauche qui se dessine au regard des noms des premiers signataires et cofondateurs du Mouvement.

A sa gauche, El Himma a placé Khadija Rouissi, Salah Al Ouadie El Assafi, (figures emblématiques du camp des victimes des années de plomb), un ancien compagnon de route de l’extrême-gauche, l’ex-23 mars, Ahmed Akhchichine, et l’ex-syndicaliste et député, tendance de gauche également, versus UMT, Hassan Benaddi. Habib Belkouch, de la galaxie marocaine des droits de l’homme, est le cinquième homme de ce pôle.

Quadrillage du territoire

De la famille du centre tendance libérale, sont élus les jusqu’alors RNI, Aziz Akhannouch et le maire de Tétouan Rachid Talbi El Alami. La troisième composante est formée par les technocrates et grands managers, Mustapha Bakkoury, l’ex-ministre de la Santé, Mohamed Cheikh Biadillah qui apporte de surcroît la touche sahraouie. Pour rester sur un registre éthno-géographique, on peut avancer que le mouvement veut quadriller l’ensemble du territoire. Au Sahraoui Biadillah, s’ajoutent le Soussi Akhannouch, le Rifain Hakim Benchamach qui se partagera la tâche avec le patron de la région nord, Talbi Alami, alors que le centre est déjà incarné par le député des Rhamna.

Le dosage politique, technocratique et régional laisse la porte ouverte à un très large spectre pour les futurs adhérents. Reste à convaincre sur l’essentiel. Le mouvement reste opaque sur sa raison d’être, à part la promesse de rassembler, de rénover, de faire la politique autrement. On en saura plus quand les grands axes de ses fondements idéologiques, de sa vision des solutions à apporter au Maroc de demain seront connus. Mais le plus urgent pour le parti d’El Himma est de clarifier ses visées sans attendre pour convaincre les sceptiques qui proclament déjà qu’il s’agit d’un parti de plus pour gagner les élections de demain. Autre clarification importante : peut-on faire émerger, au forceps, une nouvelle élite pour répondre aux souhaits du nouveau règne, sachant que l’institution monarchique n’a jamais eu besoin d’un parti ?

L’Economiste - Mohamed Chaoui

  • El Himma à la conquête des MRE

    Le 28 mars, le député des Rhamna sera l'invité d'honneur d'un dîner débat organisé à Paris, sur le thème de l'implication des MRE dans la politique de leur pays d'origine.

  • Fouad Ali El Himma lance officiellement son parti

    Après des mois de faux suspense, Fouad Ali El Himma lance officiellement son parti politique. "Le mouvement des démocrates" aura pour dénomination officielle " Parti Authenticité et Modernité.

  • Le méli-mélo politique marocain

    Si quelqu'un comprend quelque chose à la vie politique marocaine d'aujourd'hui, que sa bonne action de l'année consiste à nous expliquer de quoi il en retourne ! Nous, comme disent les enfants qui jouent aux devinettes, nous donnons notre langue au chat. Nous capitulons. Nous avouons notre total échec à appliquer à l'échiquier politique marocain une des quelconques grilles de lecture que nous ont enseignées les professeurs de droit constitutionnel. Et des professeurs de « droit constit », nous en avons connus de ‘balaises' : Maurice Duverger, Georges Vedel, Rémy Leveau et autre Michel Rousset. Nous avons « potassé » leurs manuels, suivi leurs séminaires quand ils sont venus dans nos facultés de droit.

  • El Himma ne sera pas premier ministre

    Fouad Ali El Himma, ex-vice-ministre marocain de l'Intérieur et personnalité la plus proche du roi Mohammed, VI a nié catégoriquement qu'il puisse être nommé premier ministre, dans un entretien à la télévision publique 2M lundi.

  • Fin de la première mi-temps pour Abbas El Fassi

    « Contrairement aux autres, je n'ai pas bénéficié de l'état de grâce comme chaque Premier ministre. Les critiques ont démarré dès ma nomination. Mais cela a été stimulant ». C'est ainsi que Abbas El Fassi a commenté ses cents premiers jours à la tête de la Primature lors d'un dîner qu'il a offert à la presse mardi soir. A l'exception de quelques obligations de réserves avancées, particulièrement sur les conditions de formation du gouvernement, le Premier ministre a joué le jeu.

  • Représentativité des MRE : El Himma pour une réforme constitutionnelle

    Le Club Compétences, Synergie et Initiatives a eu l'honneur de recevoir un invité de marque en la personne de Fouad Ali El Himma, ancien ministre délégué de l'Intérieur et actuel Président de la Commission des Affaires Etrangères. Il était accompagné d'une délégation composée de membres du Mouvement pour tous les démocrates (MTD), les jeudi 27 mars et vendredi 28 mars, à Paris. Des personnalités marocaines de premier plan comme Ahmed Akhchichine, ministre de l'Education, Salah El Ouadie membre de la HACA, Hassan Benaddi, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Le Mensuel, Ilyas El Omri, membre de la HACA et Salaheddine Mezouar, Ministre des finances.

  • Ex-ministres, que sont-ils devenus ?

    Ils ont quitté le gouvernement, ses fastes et ses honneurs. Ils étaient médiatisés et sont désormais invisibles. En attendant leur come-back, TelQuel est parti à la recherche des grands absents du gouvernement El Fassi. Le 15 octobre 2007 a fait quelques heureux, mais surtout beaucoup de déçus. Au moment où le gouvernement Abbas El Fassi posait pour la photo de famille, les ministres non reconduits pensaient déménagement et reconversion : quitter son logement de fonction, se séparer de sa rutilante Mercedes, se trouver une nouvelle occupation, voire un nouveau job.

  • Fouad Ali El Himma, hyper médiatisé mais méconnu

    Fouad Ali El Himma. Sécuritaire, omnipuissant, à la source de toutes les décisions, El Himma est mis à toutes les sauces. Depuis l'intronisation de Mohammed VI, il est le personnage le plus médiatisé alors qu'il ne s'est livré qu'une fois : vérités sur un homme et un parcours

  • L'irruption d'un nouveau parti, conduit par un ami du roi, provoque l'irritation de la classe politique marocaine

    Pour le neuvième anniversaire de son arrivée au pouvoir, Mohammed VI a choisi la ville de Fès, première capitale de l'histoire du royaume, pour prononcer, mercredi 30 juillet, son traditionnel discours sur l'état du royaume.

  • Gouvernement El Fassi : Femmes, jeunes, technocrates...

    Dès l'installation du nouveau gouvernement, les passations de pouvoir. L'exécutif est donc opérationnel dès aujourd'hui mardi. Sa mouture définitive a été élaborée après que le MP a décidé de claquer la porte de la majorité. Les postes qui revenaient au pôle haraki ont été dispatchés sur les trois autres partis politiques que sont l'Istiqlal, le RNI et l'USFP. La nouvelle majorité comprend donc ces trois formations et le PPS. Elle sera appuyée par le groupe parlementaire mené par Fouad Ali Al Himma et composé de près de 35 députés qui viennent d'horizons divers.