Elections à Melilla : le Maroc accusé d’achat de votes

20 mai 2023 - 14h30 - Espagne - Ecrit par : A.P

L’achat de votes à Melilla, une pratique dont on accuse le Maroc, prend des proportions alarmantes dans la ville. Un journal espagnol alerte sur cette fraude électorale dans le cadre des élections du 28 mai.

La cour suprême a confirmé en 2021 la décision du tribunal supérieur de Malaga de condamner pour fraude électorale (achat de votes) les principaux dirigeants du parti socialiste espagnol (PSOE) et de Coalición por Melilla, parti favorable à la cession de la ville au Maroc. Dans le cadre des élections du 28 mai, quelque 60 000 habitants de Melilla sont appelés aux urnes et environ 20 % d’entre eux ont demandé à voter par correspondance. La grande majorité aurait déjà vendu sa voix en échange d’une centaine d’euros en moyenne ou d’un emploi, fait savoir Libertad Digital.

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Selon le journal, tout Melilla sait que le Maroc est à l’origine de cette fraude électorale, dénonçant le fait que le gouvernement espagnol et son chef, Pedro Sanchez, aient abandonné la ville autonome à son sort. La même source se demande si ces accords secrets avec Rabat prévoient la cession progressive de Sebta et Melilla. Malgré l’assurance de la ministre de la Défense, Margarita Robles, qui affirmait encore récemment que les deux villes ne sont pas menacées, dans la réalité, elles semblent de jour en jour appartenir davantage au Maroc qu’à l’Espagne.

À lire : Le Maroc attend le bon moment pour « récupérer Sebta et Melilla »

Les populations de Sebta et Melilla, étouffées depuis des années par le Maroc, n’en peuvent plus de continuer à subir la « pression démographique, diplomatique et militaire et d’exiger en vain une protection, une sécurité et des services équivalents à ceux du reste de l’Espagne ». Les autorités marocaines, elles, n’attendent plus que le bon moment pour récupérer les deux enclaves, sans doute après que la pauvreté, la criminalité, l’insécurité, le chômage et l’instabilité auront atteint des proportions inquiétantes, ose dire le journal.

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