Le Maroc mis en cause pour un achat de votes de 2 millions d’euros à Melilla
Le Maroc aurait financé l’achat de vote à Melilla pour environ 2 millions d’euros via « Hawala », un système traditionnel de paiement informel établi depuis des années entre Rabat et Melilla.
Selon le rapport d’enquête de la police nationale auquel El Debate a eu accès, le Maroc aurait utilisé le système Hawala pour transférer des montants importants vers Melilla en vue de l’achat des bulletins de vote. C’est un système de paiement informel utilisé généralement pour des opérations de blanchiment d’argent, de trafic de drogue ou de financement de groupes terroristes, car il ne permet pas de retracer l’origine de l’argent.
Le système repose sur les courtiers qui transportent l’argent d’un lieu à un autre, de l’expéditeur au destinataire. Des millions d’euros, de dollars ou de n’importe quelle devise sont ainsi déplacés sans trace. Pour le moment, les enquêteurs estiment à 2 millions d’euros les fonds déjà transférés du Maroc vers Melilla pour mener à bien cette fraude électorale.
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Dans le cadre de leur enquête, les agents ont arrêté Mohamed Ahmed Al Lal, un conseiller du gouvernement de Melilla soupçonné de complot d’achat de votes pour avoir gonflé le budget d’un marché public destiné à financer le réseau d’intermédiaires du système Hawala. Le mis en cause a signé le 5 mai l’attribution de quatre contrats publics d’un montant total de 60 000 euros pour l’organisation d’un concert des chanteurs Cadix Kiko & Shara.
Les artistes n’ont reçu finalement que 7 000 euros. Les enquêteurs ont découvert que 56 200 euros ont été répartis entre quatre sociétés. Un montant qui serait détourné pour payer les intermédiaires à des fins de fraude électorale.