Espagne-Algérie : le bras de fer se termine en camouflet pour Alger

- 21h00 - Monde - Ecrit par : Betty de G.

Quatre ans après avoir rompu avec Madrid pour son soutien au plan marocain d’autonomie, l’Algérie normalise ses relations avec l’Espagne sans avoir obtenu le moindre changement sur le Sahara. Pedro Sánchez a été reçu avec les honneurs à Alger, alors que sa position reste intacte.

La visite express du chef du gouvernement espagnol, le 20 juillet, clôt officiellement la crise ouverte en mars 2022. À l’époque, Alger avait rappelé son ambassadeur, suspendu le traité d’amitié avec l’Espagne et gelé une partie des échanges commerciaux pour sanctionner le rapprochement entre Madrid et Rabat.

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Pourtant, Pedro Sánchez continue de considérer le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme « la base la plus sérieuse, crédible et réaliste » pour résoudre le conflit. Alger, qui soutient toujours le Front Polisario, n’a obtenu aucune concession espagnole sur ce point.

Madrid reprend ses affaires sans reculer

La reprise du dialogue prend ainsi la forme d’un camouflet diplomatique pour l’Algérie. Après avoir présenté Pedro Sánchez comme un adversaire et tenté de faire pression sur son gouvernement pendant quatre ans, les autorités algériennes acceptent désormais de relancer la coopération sans que Madrid ait renié son soutien à la position marocaine.

Le Sahara a d’ailleurs été largement absent des déclarations publiées après la rencontre. Les discussions ont porté sur le gaz, les investissements, les infrastructures, les énergies renouvelables, les migrations, le Sahel et la coopération sécuritaire, relève Jeune Afrique.

Pedro Sánchez était accompagné de plusieurs dirigeants de grands groupes espagnols, dont Repsol, Enagás et Moeve. Madrid entend reprendre position sur le marché algérien, débloquer les impayés dus à certaines entreprises et développer de nouveaux contrats.

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L’Espagne obtient donc le retour à une relation économique et stratégique normale tout en conservant sa ligne sur le Sahara. Alger, de son côté, semble reconnaître que ses intérêts énergétiques et commerciaux ne peuvent plus rester entièrement soumis à ce différend.