Rétropédalage : l’Algérie abandonne ses conditions sur le Sahara pour plaire à l’Espagne
L’Espagne et l’Algérie officialisent le réchauffement de leurs relations. Après des années de rupture liées à la position espagnole sur le Sahara, Alger fait marche arrière et reprend le dialogue sans aucune concession de Madrid sur ce dossier.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a été reçu ce jeudi par le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Cette rencontre de haut niveau, détaillée par El Independiente, acte la fin d’une longue brouille diplomatique. Dans la foulée, Alger a même annoncé la réactivation formelle du Traité d’amitié, un accord bilatéral qui avait été suspendu avec fracas en octobre 2022.
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Ce spectaculaire rétropédalage révèle que la diplomatie algérienne a finalement perdu un temps précieux sans rien obtenir en retour. La crise de 2022 avait été initialement déclenchée par le soutien clair de Madrid au plan d’autonomie marocain. Aujourd’hui, le gouvernement espagnol n’a absolument pas modifié sa position sur le Sahara, et cette question cruciale a tout bonnement disparu des conditions posées par l’Algérie pour normaliser la situation.
Faisant table rase de ses anciens ultimatums, le pouvoir algérien s’attache désormais à afficher une entente cordiale. « Aujourd’hui, je peux dire que l’amitié et le partenariat entre l’Espagne et l’Algérie se trouvent déjà dans un nouvel état », s’est d’ailleurs félicité le chef de la diplomatie espagnole. Les deux pays préparent activement une prochaine Réunion de Haut Niveau à Madrid, une première depuis l’édition de 2018.
Si l’Algérie a discrètement rangé ses exigences politiques, c’est que l’urgence est ailleurs. L’agenda de cette visite est lourdement dominé par le facteur énergétique, dans un contexte de forte concurrence européenne illustrée par la récente visite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. L’Espagne cherche logiquement à sécuriser ses approvisionnements en gaz face à l’instabilité au Moyen-Orient.
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Preuve que la page de la crise est définitivement tournée, ce déplacement ministériel s’achève sur une note culturelle. José Manuel Albares doit inaugurer l’Institut Cervantès à Oran, un symbole fort pour renforcer la présence espagnole dans un pays qui a finalement choisi de reprendre sa coopération sans aucune contrepartie sur ses revendications passées.