Gaz africain : Alger accélère son pipeline concurrent du corridor Maroc-Nigeria
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé ce lundi le début imminent des travaux du gazoduc transsaharien (TSGP) au Niger. Cette relance intervient dans un contexte de compétition directe avec le mégaprojet gazier reliant le Nigeria au Maroc.
Lors d’une déclaration conjointe à Alger avec le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, Abdelmadjid Tebboune a précisé que l’installation du pipeline débutera juste après le mois de ramadan. Le pilotage des opérations sur le territoire nigérien sera confié au groupe public pétrolier algérien Sonatrach. Les modalités d’exécution seront entérinées lors de la prochaine réunion de la Grande commission mixte algéro-nigérienne.
Sur Bladi.net : Nigeria-Maroc : le gazoduc stratégique intéresse les Américains
Cette relance énergétique s’accompagne d’un renforcement de la coopération bilatérale. Sur le plan sécuritaire, les deux pays ont affirmé être « dans la même tranchée » pour la lutte contre le terrorisme. Le partenariat s’étend également à des projets d’infrastructures civiles, avec l’annonce par la présidence algérienne de la création prochaine d’une clinique d’hémodialyse et d’une maison de la presse à Niamey.
Course aux hydrocarbures : le tracé ouest-africain soutenu par Washington
Cette accélération du TSGP vient concurrencer frontalement le projet de gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP). Approuvé en juin 2022 par le gouvernement nigérian, ce tracé alternatif longe la côte ouest-africaine. Il est encadré par des accords de coopération signés avec la CEDEAO et plusieurs pays traversés, dont la Côte d’Ivoire, le Liberia et le Bénin, par l’intermédiaire de la compagnie nationale nigériane (NNPC).
Sur Bladi.net : Algérie vs Maroc : deux visions, un seul marché du gaz à conquérir
Le projet maroco-nigérian bénéficie par ailleurs d’un positionnement stratégique international. En avril 2025, à l’issue des réunions de printemps du FMI, le ministre nigérian des Finances, Wale Edun, avait annoncé que les États-Unis avaient officiellement exprimé leur intérêt pour soutenir financièrement ce gazoduc. Une position américaine qui vient peser dans la balance de cette course aux investissements pour l’acheminement du gaz africain vers l’Europe.