La facture folle du Polisario : un ex-ministre algérien réclame des milliards au Maroc
L’ancien ministre algérien Nour-Eddine Boukrouh a suscité une vive polémique en proposant que le Maroc indemnise l’Algérie pour les décennies de financement du Front Polisario. Cette demande, formulée dans l’hypothèse d’une victoire du plan d’autonomie marocain, est perçue par certains observateurs comme un aveu du coût exorbitant du conflit pour Alger.
C’est une proposition inédite qui agite la sphère politique maghrébine. Nour-Eddine Boukrouh, ancien ministre et figure de la scène politique algérienne, a plaidé publiquement pour que le Maroc verse des réparations financières à l’Algérie en contrepartie des sommes engagées depuis cinquante ans pour soutenir le Front Polisario.
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Dans une tribune publiée sur ses réseaux sociaux, M. Boukrouh part de l’hypothèse où l’option d’autonomie sous souveraineté marocaine serait définitivement imposée par la communauté internationale, notamment les États-Unis. Dans ce scénario de « dénouement », il estime que le Polisario et l’Algérie devraient exiger l’inscription de la dette financière à l’ordre du jour des négociations.
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Qualifiant les dépenses algériennes de « fortune de Qaroun » — une référence coranique désignant des richesses incommensurables — l’ancien responsable a décrit ces fonds non comme de simples aides, mais comme des « actes financiers entre deux États » et des « flux étalés sur cinquante ans ».
Cette sortie médiatique montre le poids économique du dossier du Sahara occidental pour les finances publiques algériennes. Des estimations récentes, bien que difficiles à vérifier officiellement, font état de sommes colossales. En mai 2025, l’ex-officier et opposant Anouar Malek évoquait un coût global de 500 milliards de dollars, tandis qu’un rapport de Sahel Intelligence publié en septembre dernier estimait les dépenses annuelles d’Alger pour le Polisario à 850 millions d’euros.
Pour les analystes marocains, cette demande de compensation s’apparente à un aveu d’échec stratégique et financier. Elle est interprétée comme la reconnaissance implicite que le maintien artificiel du conflit a drainé les ressources de l’État algérien, sans parvenir à contrer la dynamique diplomatique de Rabat sur la scène internationale.