L’Espagne veut mettre fin à la contrebande à Sebta et Melilla

14 décembre 2021 - 07h00 - Espagne - Ecrit par : A.P

L’Espagne est en train d’élaborer un plan socioéconomique et commercial pour les villes de Ceuta et Melilla. Les frontières avec le Maroc seront réaménagées selon ce plan pour empêcher la reprise du commerce de contrebande après la réouverture.

Une commission composée des représentants d’au moins six ministères (Politique territoriale, Intérieur, Affaires étrangères, Finances, Santé et services secrets CNI) a été mise en place par le gouvernement pour préparer la réouverture des frontières de Ceuta et Melilla. Pour le moment, aucune date officielle n’est communiquée, mais l’Espagne estime que le Maroc pourrait accepter d’ouvrir ses frontières avant le deuxième trimestre de 2022.

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De sources gouvernementales, l’objectif de cette commission est de proposer de nouvelles alternatives économiques aux frontières pour rompre avec les mauvaises pratiques qui avaient cours avant la fermeture des frontières. Quelles que soient les décisions du Maroc, qui maintient une « pression économique » et d’« étouffement » sur les deux villes autonomes depuis des années, l’Espagne poursuivra son plan, fait savoir El Pais.

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Les réformes qui doivent être mises en œuvre dès la réouverture des frontières concernent la gestion même de celles-ci. À moyen et long terme, le gouvernement s’emploiera à exécuter son plan de sauvetage socio-économique dont l’élaboration a commencé après la crise migratoire de mai et qui n’est pas encore finalisé. Ainsi, le commerce de contrebande jadis toléré, qui générait environ 500 millions d’euros par an à Ceuta et plus d’un milliard à Melilla, n’aura plus droit de cité.

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À la réouverture, l’Espagne envisage d’installer des douanes commerciales avec le Maroc aux postes frontières des deux villes, afin de permettre un trafic légal des marchandises. En cas de rejet de cette proposition par le Maroc, l’Espagne entend changer de statut à Ceuta et Melilla qui fonctionneraient comme des îles, avec un modèle économique orienté vers l’Europe. Une option qui serait difficile à concilier avec l’entrée de Ceuta et Melilla dans l’union douanière de l’UE ou dans l’espace Schengen. Il faudra aussi achever les travaux de réhabilitation de la frontière qui sera « intelligente », avec des caméras de reconnaissance faciale et des enregistrements informatiques des entrées et des sorties.

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