L’Espagne va devoir voter sur une suspension du traité d’amitié avec le Maroc
Les députés espagnols voteront mercredi une initiative réclamant la suspension immédiate du traité d’amitié avec le Maroc. Vox demande également des expulsions, le retour des mineurs et un renforcement militaire permanent à Sebta et Melilla.
Le scrutin aura lieu mercredi 30 septembre en séance plénière. La motion, déposée par Vox à la suite d’une interpellation au gouvernement, porte sur les conséquences des passages massifs enregistrés à Sebta les 30 et 31 juillet, rapporte Europa Press.
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Le parti de Santiago Abascal réclame l’expulsion « immédiate » des étrangers entrés ou séjournant irrégulièrement en Espagne. Il veut également modifier les textes qui empêchent, selon lui, le retour immédiat des personnes ayant franchi la frontière et demande un audit complet du coût de la crise commencée le 30 juillet.
La motion vise aussi les mineurs non accompagnés. Vox veut interrompre leur répartition entre les différentes régions espagnoles et organiser leur retour auprès de leurs familles ou des services de protection de leur pays d’origine. Le parti invoque notamment l’accord conclu entre l’Espagne et le Maroc sur le retour concerté des mineurs.
Le traité d’amitié directement visé
La mesure la plus lourde concerne les relations entre Madrid et Rabat. Vox demande au gouvernement de promouvoir « immédiatement » la suspension du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération entre les deux pays.
Même en cas d’adoption, le vote ne suspendrait pas automatiquement le traité. La motion demande au gouvernement espagnol d’engager cette démarche. Elle intervient alors que Madrid avait déjà estimé que les revendications marocaines sur Sebta et Melilla avaient dégradé la relation bilatérale.
Vox exige parallèlement que le Maroc coopère de manière « active, effective et rapide » à la réadmission de ses ressortissants faisant l’objet d’une mesure de retour ou d’expulsion. La proposition demande à Rabat d’accepter ces décisions pour les Marocains majeurs et mineurs et d’organiser leur réception.
Le parti veut également renforcer durablement la présence de soldats, de policiers et de gardes civils à Sebta et Melilla. Il réclame de nouveaux moyens matériels, technologiques et logistiques, ainsi que des règles d’intervention permettant d’empêcher une nouvelle entrée massive. L’Espagne avait déjà renforcé son dispositif militaire à Sebta après les passages de juillet.
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Signé en 1991, le traité visé organise le dialogue politique et plusieurs volets de la coopération entre les deux pays. Le vote obligera notamment le Parti populaire à choisir entre son rapprochement avec Vox sur la politique migratoire et son refus, déjà exprimé localement, d’une rupture diplomatique avec Rabat.