Espionnage : Un expert antiterroriste néerlandais accusé d’avoir trahi pour le Maroc
Un ancien analyste du coordinateur national de la lutte contre le terrorisme (NCTV) comparaît aux Pays-Bas, accusé d’avoir livré des secrets d’État au Maroc. Cette affaire d’espionnage présumé ébranle les services de sécurité, confrontés à une fuite massive de données sensibles.
Le procès d’Abderrahim el M., 66 ans, s’est ouvert cette semaine, plongeant le milieu sécuritaire néerlandais dans l’embarras. Arrêté fin 2023 à l’aéroport de Schiphol alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour le Maroc, cet ancien expert du NCTV est soupçonné d’avoir transmis des informations classifiées aux services de renseignement marocains. L’affaire met en avant des failles potentielles au sein de l’organe chargé de la sécurité nationale.
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L’ampleur de la fuite présumée est inédite. Les enquêteurs ont saisi une quantité colossale de données, totalisant 46 téraoctets. Des documents confidentiels ont été retrouvés sur des clés USB et jusque dans des cartons de bananes entreposés dans le grenier du suspect. Selon le Service général de renseignement et de sécurité (AIVD), l’accusé aurait utilisé un procédé laborieux consistant à imprimer puis numériser des milliers de fichiers pour les exfiltrer discrètement.
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Au sein du NCTV, Abderrahim el M. jouissait d’une réputation d’expert incontournable, spécialisé dans la langue arabe et les processus de radicalisation. L’accusation soutient qu’il a exploité la confiance aveugle de sa hiérarchie pour organiser ces fuites, profitant de ses séjours au Maroc pour entrer en contact avec des agents étrangers. Le ministère public évoque des échanges suspects portant sur des moyens financiers et diverses faveurs.
Face à ces charges, l’homme nie tout espionnage, sa défense insistant sur son passé de serviteur loyal de l’État néerlandais et dénonçant une interprétation erronée des faits. Le tribunal devra déterminer dans les mois à venir si ce double jeu présumé a effectivement compromis les secrets d’État.