Ces étrangers qui "adorent" les riads de Fès

- 01h45 - Maroc - Ecrit par : L.A

Sur les 52 riads et maisons d’hôtes recensés actuellement dans la médina, 8 sont tenus par des étrangers, si l’on en croit les responsables du Conseil régional du tourisme (CRT-Fès). Et la tendance est à la hausse, puisque tous les jours des riads continuent de se vendre auprès d’une population française, espagnole, anglaise, belge…

« Il faut encourager ces investisseurs qui, en quelque sorte, participent à la restauration de la médina », indique Hamid Chabat, maire de Fès.
En effet, des Allemands, Hollandais, Américains et Marocains ont monté des agences immobilières pour faciliter les acquisitions. Pour beaucoup, c’est le charme de la médina qui les a séduits. Pour d’autres, c’est la découverte d’une autre vie. Pour les plus nantis (mais ils n’aiment pas l’avouer), les avantages fiscaux sont très attractifs. Bref, les étrangers, et particulièrement les Français, sont de plus en plus nombreux à venir s’installer dans la capitale spirituelle.

Parmi eux, Frédéric Sola qui a découvert Fès en 2003 et qui est tombé sous son charme. « J’y suis revenu en 2004. J’ai commencé à visiter les maisons et palais. Mon admiration ne cessait de grandir pour ces lieux mythiques complètement abandonnés jusqu’à ce que je découvre cette maison vieille de deux siècles. C’était le coup de foudre », raconte-t-il. Une acquisition qui se révèle difficile en raison d’un problème d’héritage. En effet, la bâtisse qui appartenait à la famille Benkirane, des producteurs de « khlii », avait été délaissée de nombreuses années durant. Ce n’est que récemment que les frères décident de vendre la maison du quartier Zkak El Maa. Et Sola était en quête d’une maison à cette époque. Il ne perd pas son souffle avec les héritiers malgré des négociations tendues.

L’acte se réalise finalement et Sola restaure complètement l’endroit, baptisé aujourd’hui, « Riad Laâroussa ». « Les travaux de réhabilitation ont duré 18 mois avec entre 30 et 50 personnes tous les jours sur le chantier. Electricité, boiserie, sanitaire, plâtre… nous avons tout restauré. C’était une véritable aventure », fait-il observer. Ouvert depuis quatre mois, ce riad, qui a nécessité un investissement de 5,3 millions de DH, réalise déjà un taux d’occupation de 60% dans ses 7 suites. Son propriétaire en est d’ailleurs fier.
Il a même créé une agence immobilière au quartier Talaa (en médina) pour aider les prochains acquéreurs à trouver des maisons. « Nous en avons 150 à vendre rien qu’en médina. Chaque jour, nous recevons des clients pour qui nous réalisons également le suivi des travaux de réhabilitation. On sélectionne les maâlems pour eux, on leur propose… En clair, je fais pour eux tout ce que je n’ai pas pu faire pour moi », se réjouit Sola.

Chaque investisseur à son histoire. Un rêve de Maroc ou une vie de couple. Comme Hugues Letimonier, qui s’est marié à Salima, une femme originaire de Fès. Moniteur de ski et barman professionnel en France, Letimonier a touché à tous les métiers (brasserie, snack, restauration rapide) avant d’acquérir riad « Attarine » au quartier Boaâjjara (à proximité de la place R’cif). « J’ai toujours eu cet amour pour les anciennes médinas, finalement mon rêve s’est réalisé en avril 2005 », se plaît-il à dire. En 8 jours, il est propriétaire d’un riad, situé au bord de la « vraie » médina, celle de Fès et non pas celle de Marrakech qui est, à son sens, « en train de perdre son âme ». A un peu plus de 10 minutes à pied des principaux lieux touristiques, le riad est typiquement fassi. « En achetant ce joyau à seulement 700.000 DH, je me suis dit que la chance était avec moi », raconte-t-il, ravi de son aubaine. Et d’ajouter, les travaux de restauration ont duré 11 mois pour une enveloppe globale de 2 millions de DH.

Ainsi, ouvert depuis octobre dernier, riad « Attarine » réalise un taux d’occupation de 50%. Sa clientèle est surtout anglaise. Elle préfère « des suites avec un salon séparé du lit et achète (à 95%) son séjour via le Net ». Le prix des chambres d’hôtes varie entre 65 euros pour la single et 150 euros pour la suite (Attarine compte 3 suites). Un commerce qui marche à merveille. La vie à Fès ? « Mes enfants étudient à l’école la Fontaine. Ils se sont intégrés facilement », dit Salima. Pour elle, la joie est double. Elle a retrouvé ses parents, sa famille et ses amis et a réalisé une bonne affaire avec son mari.

Témoignages

« Franchissez la porte et vous oublierez tout. Laissez-vous guider par Salima et Hugues et vous passerez une semaine merveilleuse : petits-déjeuners et dîners différents chaque jour afin de découvrir l’excellente cuisine marocaine concoctée avec les produits frais. De plus, ils ont mis en place un réseau de guides et de taxis hors du commun. En un mot : le top. Nous reviendrons bientôt », affirment Michèle et Georges, à l’issue de leur séjour au riad. Un autre couple souligne que « c’est le hasard qui nous a conduits dans ce riad de Fès. Notre hôte Frédéric, a tout fait pour nous rendre ce séjour agréable, par son accueil et sa disponibilité. Nous y avons dégusté, le soir, les spécialités locales, couscous, tajine, pastilla, tous délicieux. C’est simple, nous avons écourté notre séjour à Meknès pour revenir passer une soirée de plus au riad avant de rentrer à Marseille ! ».

L’Economiste - Saad Alami

  • Fès prisée par les investisseurs étrangers

    Selon les chiffres officiels, sur les 52 riads et maisons d'hôtes recensés (d'autres sources font état de 250 maisons d'hôtes) actuellement dans la médina, 8 sont tenus par des étrangers. Et la tendance est à la hausse puisque tous les jours, ces demeures continuent de se vendre auprès d'une population très melting-pot ?

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