« Évitez le Maroc » : cet analyste veut que les entreprises espagnoles se désengagent

- 10h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Plus de 350 entreprises espagnoles sont implantées au Maroc. Un analyste militaire espagnol leur conseille de réduire leurs engagements, redoutant que les tensions bilatérales finissent par peser sur leurs activités. Un avertissement qui contraste avec les investissements soutenus par le gouvernement espagnol.

« Diversifiez et évitez le Maroc. » C’est le conseil adressé aux entrepreneurs espagnols par Yago Rodríguez, directeur de The Political Room, dans une tribune publiée le 24 octobre par El Español. L’analyste militaire leur demande de suspendre leurs nouveaux investissements dans le Royaume.

Aux entreprises déjà installées, il recommande de réduire progressivement leur exposition, de trouver des fournisseurs alternatifs et de préparer des solutions de repli. À ses yeux, un investissement industriel qui s’amortit sur plusieurs années peut devenir vulnérable à une crise diplomatique.

Pour défendre cette analyse, Rodríguez revient sur les incidents entre navires marocains et espagnols au large de Ceuta pendant l’été. Leur réalité a été confirmée par Pedro Sánchez le 12 octobre. Le chef du gouvernement espagnol les a décrits comme des événements ponctuels et a mis en avant le dialogue avec Rabat.

Des milliards d’euros d’échanges en jeu

Rodríguez envisage deux formes de pression économique : des obstacles administratifs ou commerciaux imposés par Rabat et, en sens inverse, des mesures prises par Madrid. Il avance ces scénarios pour justifier sa recommandation de diversifier les implantations et les fournisseurs.

L’enjeu est considérable. Le ministère espagnol de l’Économie recensait plus de 350 entreprises espagnoles implantées au Maroc. Selon l’agence EFE, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 22,757 milliards d’euros en 2025.

Madrid soutient pourtant des projets d’envergure dans le Royaume. Le gouvernement espagnol a détaillé un appui financier public proche de 340 millions d’euros à l’usine de dessalement de Casablanca, portée par un consortium dirigé par Acciona.

L’avertissement de Rodríguez s’inscrit dans une position déjà exprimée le 7 septembre : dans une précédente tribune, il conseillait aux investisseurs de reporter leurs nouveaux projets marocains et aux entreprises présentes de préparer des plans de secours.