Face à 22 pays européens, la France choisit l’Espagne et le Maroc
La France refuse de suivre 22 pays européens après la crise de Sebta. Paris estime que leur initiative attaque surtout le gouvernement espagnol et privilégie une réponse élaborée avec Madrid et les autorités marocaines.
La crise migratoire de Sebta divise profondément l’Union européenne. Une lettre portée par l’Italie et le Danemark et soutenue par 22 États membres réclame un renforcement des frontières extérieures, des retours plus efficaces et une lutte accrue contre les réseaux de passeurs.
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La France a choisi de ne pas s’associer à cette initiative. Paris considère que le texte n’apporte aucune aide concrète à l’Espagne, malgré l’arrivée massive de migrants dans la ville de Sebta à la fin du mois de juillet.
Selon une source diplomatique française citée par l’agence Anadolu, la lettre viserait surtout à instrumentaliser la crise contre le gouvernement de Pedro Sánchez, plutôt qu’à régler la situation en coopération avec les autorités marocaines.
Paris souligne également que les personnes entrées à Sebta ne se sont pas dispersées dans le reste de l’Union européenne. La majorité d’entre elles a quitté la ville après les mesures prises par l’Espagne et le rétablissement de la coordination avec le Maroc.
Paris refuse de transformer Sebta en procès
La position française tranche avec celle des 22 pays signataires. Ces derniers estiment que les événements de Sebta démontrent l’urgence de mieux protéger les frontières européennes et d’éliminer les facteurs susceptibles d’encourager de nouvelles entrées irrégulières.
Mais la France considère que cette offensive répond aussi à des objectifs de politique intérieure. Plusieurs gouvernements européens dirigés par la droite ou l’extrême droite reprochent depuis longtemps à Pedro Sánchez sa politique migratoire et son projet de régularisation de centaines de milliers d’étrangers.
Paris choisit au contraire de maintenir sa confiance dans la coopération entre Madrid et Rabat. La diplomatie française estime qu’une réponse durable ne peut pas être imposée contre le Maroc, dont le rôle demeure essentiel dans la surveillance des routes migratoires vers l’Espagne.
Cette position rejoint celle de la Commission européenne. Après la crise, Ursula von der Leyen a salué la coopération entre les autorités marocaines et espagnoles et proposé de renforcer le soutien technique et financier accordé au royaume.
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La France ne nie pas la nécessité de renforcer les frontières extérieures de l’Union européenne. Elle refuse toutefois que la crise de Sebta soit utilisée pour isoler l’Espagne ou rendre le Maroc seul responsable des arrivées.