Une famille marocaine menacée d’expulsion en France

- 12h31 - France - Ecrit par : L.A

Un père de famille d’origine marocaine et ses trois enfants qui habitent le quartier d’Orzy sont sous le coup d’une menace d’expulsion du territoire français. Explications.

Une famille locale qui veut garder l’anonymat est menacée d’expulsion du territoire français, alors que le père possédait la nationalité française et que ses enfants ont grandi ici.

« Je suis arrivé en France en 1990, j’étais en Normandie, j’ai déménagé sur Paris, avant de rejoindre les Ardennes et le quartier d’Orzy où j’habite depuis 2004 », explique le père. Il a 3 enfants : l’aînée, a 15 ans, fréquente le collège George-Sand où elle a d’excellents résultats scolaires. L’autre enfant a 12 ans, et la benjamine, 3 ans, elle est née en France. Le papa, d’origine marocaine, travaille en intérim comme aide-maçon coffreur.

Comment la famille en est arrivée là ? « J’avais une carte de séjour de 1990 à 1992, après j’ai fait une demande de nationalité française, j’ai obtenu une carte d’identité, j’ai donc dû rendre ma carte de séjour. Or, le 12 septembre 2006, la préfecture m’a convoqué avec ma carte d’identité et m’a fait savoir que je n’étais plus français », explique le père de famille. « Je n’ai pas du tout compris cette remise en question ».

En fait, on reprochait au chef de famille d’être polygame. « En 1990 je me suis marié avec une Française, peu de temps après elle a demandé à divorcer. Elle a quitté le domicile conjugal. Je suis rentré au Maroc, me suis marié avec une Marocaine puis je suis revenu en France avec elle. La procédure de divorce a duré jusqu’en 1997. Pour moi, je croyais que c’était fini avec la première épouse, jamais j’aurais cru que la République française m’aurait reproché d’être polygame. J’étais piégé. Jusqu’en 2006, je ne savais même pas que je n’étais plus français, j’avais toujours ma carte d’identité. Si j’avais su j’aurais envisagé un recours devant le tribunal pour me défendre. Depuis 2006, la préfecture me délivre un récépissé de 3 mois, je n’ai plus droit à une carte d’identité, ni à une carte de séjour. Il y a un mois, j’ai reçu un courrier qui me demandait de quitter le territoire français avec mes enfants. Je suis comme un clandestin, je n’ai plus de papier, et je suis menacé d’expulsion alors que voilà 18 ans que je suis en France », dit notre interlocuteur.

« Les enfants ont la trouille, vont à l’école la peur au ventre et se disent qu’à tout instant, la police peut venir ». Le père juge cette situation d’autant plus injuste que son père, a fait la guerre 1939-1945 pour les Français, face aux Allemands : « Il a eu la jambe arrachée pour la libération de la France ». Aujourd’hui cette famille espère faire changer d’avis la préfecture, grâce à l’intervention du monde associatif et des personnalités. Côté préfectoral, le directeur de cabinet n’a pas souhaité réagir.

Source : L’Union

  • Un futur papa expulsé en toute hâte vers le Maroc

    L'aveugle politique du chiffre dont se réjouissent Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy en matière d'expulsion d'étrangers continue de provoquer des dégâts humains. Les reconduites à la frontière à la hâte se poursuivent chaque semaine à en devenir banales. Elles plongent pourtant des familles dans des situations dramatiques.

  • "Dans ma tête, j'avais déjà la nationalité française"

    Kader et Zohra ont été invités lundi soir à la mairie de Lambersart pour la « cérémonie d'accueil dans la citoyenneté française ». Pour ce couple d'origine marocaine, qui vit à Lambersart depuis 16 ans, demander la nationalité française était comme une évidence.

  • Hadhoum Dyab menacée d'expulsion

    Hadhoum Dyab, une Marocaine âgée de 70 ans qui réside depuis plus de 25 ans en France, est aujourd'hui menacée d'expulsion.

  • Une Marocaine en burqa se voit refuser la nationalité française

    La burqa est-elle incompatible avec la nationalité française ? Une Marocaine de 32 ans, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, vient de se voir refuser la nationalité au motif qu'elle "a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes".

  • Oussama, lycéen marocain, en rétention avant expulsion à Lyon

    Un emploi, une fiancée, une famille, des amis et pourtant Oussama Laadam, 19 ans risque à tout moment d'être renvoyé au Maroc.

  • Moussa, en France depuis 2002, menacé d'expulsion

    Moussa Moussaten, 21 ans est arrivé en France en 2002 pour poursuivre ses études. Arrêté le 10 octobre dernier, il est actuellement incarcéré au centre de rétention administrative (CRA) de Marseille. Il est menacé d'expulsion parce qu'il ne peut pas prouver qu'il était présent en France en 2007.

  • "Moi, Faiza, 32 ans, à qui l'on interdit de devenir française..."

    Le Conseil d'État s'oppose à la naturalisation d'une jeune Marocaine. Parce que, adepte d'une « pratique radicale de sa religion », elle porte le niqab. Rrencontre.

  • Mohammed Moussaoui, nouveau président du CFCM

    Mohammed Moussaoui, vice-président du Rassemblement des musulmans de France (RMF), a été élu, dimanche 22 juin, président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Marocain d'origine, cet homme de consensus est agrégé de mathématiques, maître de conférences à l'université d'Avignon. Il siège au conseil d'administration du CFCM depuis sa création en 2003.

  • Les mariages entre Français et étrangers de plus en plus contrôlés

    Factures de téléphone, mails, photos..., elle a "tout livré" de sa vie. Mais ni la commission de recours contre les refus de visa, ni le Conseil d'Etat qu'elle a saisien référé n'ont rien voulu entendre. Mariés depuis janvier, Marie et Yassir, 25 et 24 ans, partagent leur vie quotidienne par webcam interposée.

  • Hortefeux régularise une marocaine atteinte de cancer et sur le point d'être expulsée

    Le ministre français de l'immigration Brice Hortefeux a donné des instructions pour qu'une marocaine de 35 ans souffrant d'un cancer et en voie d'expulsion dimanche, soit libérée et sa situation régularisée.