Un futur papa expulsé en toute hâte vers le Maroc

- 23h12 - France - Ecrit par : L.A

L’aveugle politique du chiffre dont se réjouissent Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy en matière d’expulsion d’étrangers continue de provoquer des dégâts humains. Les reconduites à la frontière à la hâte se poursuivent chaque semaine à en devenir banales. Elles plongent pourtant des familles dans des situations dramatiques.

Ainsi, avant-hier, Abdelhak Kenzit el Alaoui, 30 ans, en France depuis cinq ans, et sa femme, Kali, viennent-ils d’en subir les conséquences. Les deux jeunes Toulousains se sont mariés l’an dernier. Elle est française, institutrice dans une école de Toulouse. Et enceinte de sept mois. Leur enfant, leur premier, doit naître en septembre. L’administration française a décidé qu’il viendrait au monde séparé de son père.

Car mardi matin, la Police aux frontières a interpellé Abdelhak à son domicile. Kali a tout juste eu le temps de lui donner deux vêtements qu’il était embarqué et placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour la nuit. Hier, sans autre forme de procès, Abdelhak a été contraint de monter dans l’avion de 13h15 à destination de Paris en vue de son expulsion vers le Maroc. Cela fait pourtant deux ans que le jeune homme avait entrepris des démarches pour régulariser sa situation. Son avocat, Me Nicolas Chambaret, rappelle qu’après l’obligation de quitter le territoire français prononcée à l’encontre de son client, une procédure avait été lancée pour que le tribunal administratif tienne compte de la nouvelle situation familiale d’Abdelhak. Peine perdue. Et la préfecture se borne à rappeler que le tribunal administratif a confirmé la mesure d’éloignement.

« Du point de vue de la loi, M. Kenzit el Alaoui doit revenir après avoir obtenu un visa d’entrée en tant que conjoint de ressortissante française. Dans le cas contraire je ne manquerais pas de faire condamner l’État français », prévient Me Chambaret qui dénonce « une stratégie très au point ces derniers jours, pour ne pas dire une combine qui consiste à interpeller les étrangers en ayant à l’avance prévu à l’avance un moyen de transport. Puis à les reconduire à la frontière moins de 48 heures après leur placement en centre de rétention, ce qui leur interdit de voir un juge ».

Source : La Dépeche - Jean-Louis Dubois-Chabert

  • La durée maximale de rétention de sans papiers en France limitée à 32 jours

    Le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux, a souligné mercredi que la durée maximale de rétention des personnes en situation irrégulière en France ne dépassera pas 32 jours même si une directive européenne autorise une durée allant jusqu'à 18 mois.

  • La France épinglée par l'Onu sur le traitement réservé aux étrangers

    Le comité onusien des droits de l'homme a critiqué la France pour la façon dont elle traite les étrangers sur son sol. Dans un message du 22 juillet, adressé à Nicolas Sarkozy par le Comité des droits de l'homme de l'Onu, ce dernier met le doigts sur certaines pratiques de traitement des étrangers, dénonçant notamment la rétention de sûreté.

  • Une famille marocaine menacée d'expulsion en France

    Un père de famille d'origine marocaine et ses trois enfants qui habitent le quartier d'Orzy sont sous le coup d'une menace d'expulsion du territoire français. Explications.

  • Les expulsions des sans-papiers en nette augmentation en France

    Hausse du nombre de reconduites à la frontière, accélération des départs volontaires d'étrangers sans papier, augmentation de l'immigration de travail par rapport à l'immigration familiale et réduction du nombre de sans-papiers. Tel est le bilan dressé, vendredi 20 juin 2008, par le ministre français de l'Immigration et de l'Identité nationale, Brice Hortefeux, au terme d'un an d'action et alors que la France entamait sa présidence de l'Union européenne, dont l'une des priorités sera l'immigration.

  • La triste histoire de la rétention administrative en France

    Les locaux dévastés et à demi calcinés du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Vincennes donnent d'abord l'image d'une pitoyable révolte pénitentiaire qui interpelle la société française. Or le bâtiment, malgré ses barbelés, ses projecteurs et ses caméras de surveillance n'aurait jamais du être une prison. Sa fonction première était de « retenir » des étrangers qui ont cru à tort trouver un asile en France, des immigrés qui, pour certains, n'ont commis aucun délit mais sont « irréguliers », c'est-à-dire sans papiers, en attente d'expulsion.

  • Les mariages entre Français et étrangers de plus en plus contrôlés

    Factures de téléphone, mails, photos..., elle a "tout livré" de sa vie. Mais ni la commission de recours contre les refus de visa, ni le Conseil d'Etat qu'elle a saisien référé n'ont rien voulu entendre. Mariés depuis janvier, Marie et Yassir, 25 et 24 ans, partagent leur vie quotidienne par webcam interposée.

  • Oussama, lycéen marocain, en rétention avant expulsion à Lyon

    Un emploi, une fiancée, une famille, des amis et pourtant Oussama Laadam, 19 ans risque à tout moment d'être renvoyé au Maroc.

  • Hanane, étudiante à Gabriel-Péri, expulsée vers le Maroc

    Dans son appartement des Minimes, Mohammed Azdad est encore sous le choc. En France depuis 1976, il travaille dans le bâtiment. À Toulouse où il a refait sa vie, il est père de deux jeunes enfants. Ses deux filles, dont l'aînée, Hanane, vivaient avec leur mère au Maroc. En 2005, il les a fait venir à Toulouse pour qu'elles y suivent leur scolarité. Jeudi dernier, à 7 heures du matin, la Police aux frontières a sonné chez lui, a réveillé Hanane et l'a embarquée sans autre forme de procès.

  • Expulsée alors qu'elle venait porter plainte pour violences conjugales

    Samia venait porter plainte pour violences conjugales. Elle a été expulsée de Maubeuge vers le Maroc en moins de 24 h. Le 31 mars, Samia erre à l'aéroport de Casablanca. Elle a été jetée là sans argent ni effets personnels par les autorités françaises. Bons baisers du pays des droits de l'homme...

  • Champvallon solidaire avec Hafid, lycéen marocain expulsé en juillet dernier

    Vendredi dernier, dans la petite commune française de Champvallon, plusieurs élus communaux et des membres d'Education sans Frontière se sont retrouvé sur le marché de la ville, en solidarité avec Hafid N'Faoui, un jeune lycéen marocain expulsé récemment vers le Maroc.