Fausses factures, drogue, Belgique : les douanes marocaines remontent une piste à 780 millions
La Brigade nationale des douanes a mis au jour un vaste réseau de blanchiment opérant entre le Maroc, l’Espagne et la Belgique. Trois sociétés d’import-export auraient dissimulé des fonds liés au trafic international de drogue.
L’Autorité nationale du renseignement financier a été alertée par les services douaniers suite à la détection de transactions suspectes s’élevant à 780 millions de dirhams. L’affaire implique trois entreprises basées à Casablanca et Tanger. Grâce à des systèmes d’intelligence artificielle analysant les risques, les enquêteurs ont repéré des manipulations de factures et l’usage frauduleux de comptes de garantie bancaires, indique Hespress.
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Les investigations ont mis en évidence une surévaluation flagrante des prix à l’exportation, dépassant de plus d’un tiers les tarifs habituels du marché. En comparant ces données avec celles d’autres opérateurs du même secteur, la douane a estimé à environ 270 millions de dirhams le montant direct de ces marges artificielles. Cette technique visait à justifier le rapatriement de sommes colossales d’origine douteuse vers le Royaume.
À l’inverse, le processus d’importation servait à faire fuir des capitaux sous couvert de fausses transactions. L’une des entreprises simulait des litiges avec des fournisseurs étrangers ou des blocages logistiques pour justifier des transferts non aboutis vers l’étranger. Une autre société, détenue en partie par des investisseurs étrangers, gonflait ses factures d’importation en complicité avec des exportateurs belges pour couvrir des livraisons fictives.
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Face à l’ampleur de ce montage financier bidirectionnel, les contrôleurs marocains ont sollicité l’appui de leurs homologues en Espagne et en Belgique. Ces recherches conjointes ont permis d’établir des liens compromettants entre ces sociétés nationales et des partenaires commerciaux européens. Selon les conclusions de cette coordination transfrontalière, certains de ces associés étrangers seraient directement impliqués dans des réseaux criminels de narcotrafic international.