Une femme à la tête du Maroc : l’Allemagne s’interroge sur ce qui va réellement changer
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri ouvre un débat sur la place des femmes au Maroc. Dans une analyse publiée ce 3 octobre, Deutsche Welle examine les effets possibles de cette première politique sur les mentalités, les lois et la composition du prochain gouvernement.
Pour Deutsche Welle, l’arrivée d’une femme à ce poste a déjà une portée sociale. Stephanie Willman Bordat, cofondatrice de l’association Mobilizing for Rights Associates, observe que la nomination suscite des conversations sur la capacité des femmes à diriger, jusque dans les cafés et les transports.
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Cette évolution trouve un écho dans les enquêtes d’opinion. Selon une étude d’Arab Barometer publiée le 1er octobre, 47 % des Marocains interrogés en 2025 estimaient que les hommes faisaient de meilleurs dirigeants politiques que les femmes. Cette proportion a baissé de dix points par rapport à l’enquête de 2023-2024.
Les opinions changent également dans la famille : 44 % des personnes interrogées considéraient que l’homme devait avoir le dernier mot dans les décisions familiales, soit dix-sept points de moins. L’enquête a été menée auprès de 1 210 citoyens, avant la nomination d’El Mansouri.
Les attentes portent aussi sur les lois
Mais les changements d’attitude ne se traduisent pas partout par un soutien accru à la représentation féminine. L’adhésion aux quotas de femmes au gouvernement est passée de 70 % à 52 %. Le soutien à l’égalité des chances dans l’emploi reste, lui, stable à 64 %.
Sur le terrain politique, Anja Freudenreich, responsable du bureau marocain de la fondation Friedrich-Ebert, décrit auprès de DW une dirigeante pragmatique. Selon l’examen des programmes effectué par MRA, le PAM avançait trois mesures concernant les femmes : leur activité économique, les pensions des veuves vulnérables et les soins obstétricaux.
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La réforme du Code de la famille reste un autre dossier attendu. Ahmed Benchemsi, de Human Rights Watch, souligne auprès de DW l’importance des changements juridiques pour les droits des femmes. La composition du futur cabinet sera également observée : combien de femmes seront nommées, et quelles responsabilités leur seront confiées.