Frais en hausse et chantiers fantômes : la révolte des parents des écoles françaises au Maroc

- 07h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

À Casablanca et Rabat, les parents d’élèves du réseau AEFE crient leur colère. Ils dénoncent une flambée des frais scolaires censée financer des chantiers immobiliers qui restent désespérément à l’arrêt, exigeant aujourd’hui des garanties immédiates.

La situation s’enlise dangereusement dans la métropole économique. Représentant quelque 12 000 familles, trois associations ont adressé une lettre ouverte cinglante à la direction générale. Au cœur de cette fronde se trouve le blocage d’un vaste programme de rénovation concernant quatre établissements, dont le collège Anatole France.

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Alors que le coût de ces travaux a gonflé de 30 % pour frôler les 21 millions d’euros, les parents affirment avoir déjà provisionné près de 15 millions d’euros via l’augmentation de leurs factures. Face à ce qu’ils qualifient « d’immobilisme administratif devenu inacceptable », ces derniers déplorent des locaux vétustes et exigent un gel des tarifs pour la rentrée 2026-2027 tant que les pelleteuses ne seront pas en action.

Ce profond mécontentement gagne également la capitale marocaine. Si les responsables de l’enseignement ont récemment consenti à limiter la hausse des frais à 6 % au lieu des 7 % initialement annoncés, les représentants de Rabat-Kénitra jugent ce geste largement insuffisant. Ils regrettent un cruel manque de clarté sur les projections financières des prochaines années. Le retard accumulé dans la reconstruction du collège Saint-Exupéry cristallise particulièrement les crispations, laissant les familles dans l’incertitude la plus totale quant à l’aboutissement des promesses de rénovation. Pour se faire entendre, les fédérations passent à l’offensive sur le terrain judiciaire.

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Elles refusent de supporter financièrement le transfert du paiement des pensions civiles vers les établissements scolaires, perçu comme le principal moteur de cette flambée des prix. Une action en justice a ainsi été lancée devant les tribunaux français, en étroite coordination avec d’autres collectifs de parents à travers le monde. Cette contestation grandissante traduit un véritable ras-le-bol face à une gestion financière perçue comme opaque, poussant les familles à réclamer une transparence absolue sur l’utilisation de leurs fonds.