France-Maroc : le défi d’une relation éclipsée par l’Algérie

- 07h00 - France - Ecrit par : P. A

Invité par la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques, l’ancien ambassadeur de France en Algérie (2008 à 2012 et 2017 à 2020), Xavier Driencourt, était jeudi à Toulon où il a donné une conférence sur le thème « L’énigme algérienne ».

Fort de ses huit années en tant qu’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt a donné une conférence sur le thème assez évocateur : L’énigme algérienne. Dans un entretien à Nice Matin, le fin connaisseur de l’Algérie explique avoir choisi ce thème « parce que, du fait que nous ayons colonisé l’Algérie pendant 132 ans, nous croyons connaître ce pays, mais qu’en réalité il n’en est rien. L’Algérie reste un pays énigmatique, fermé, opaque, mystérieux. Nous manquons cruellement de capteurs… ».

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Pour l’ancien ambassadeur en Algérie, la relation entre ce pays et la France « est une sinusoïdale : on se fâche, puis on se réconcilie… Encore tout dernièrement, Alger a décidé d’interdire l’enseignement du français dans les écoles privées qui permettait de préparer des études supérieures en France. En juin dernier, l’Algérie avait, d’une certaine façon, soutenu les émeutiers en France et elle a réintroduit un couplet anti-France dans son hymne national ! Si l’on veut que ça change, il faut instaurer un rapport de force avec l’Algérie ».

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« Sous Mitterrand, Chirac, Sarkozy et même Hollande, il existait un équilibre entre nos positions vis-à-vis de l’Algérie et du Maroc. Mais depuis l’élection d’Emmanuel Macron, on a totalement misé sur l’Algérie. Et ce pari se transforme en piège. On ne récolte en effet que des insultes, des humiliations du côté d’Alger et on s’est brouillé avec le Maroc qui exige que la France reconnaisse sa souveraineté sur le Sahara occidental comme l’a fait l’Espagne. Aujourd’hui, la France n’est bien avec aucun pays du Maghreb. C’est plutôt préoccupant », a-t-il analysé.

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Le spécialiste des questions algériennes, qui appelle à plus de fermeté envers l’Algérie, est favorable à une remise en cause de l’accord franco-algérien de 1968 qui définit les conditions de circulation, de séjour et de travail des Algériens en France. « C’est même moi qui le premier, en mai dernier, ai lancé l’idée dans une note écrite pour la Fondation pour l’innovation politique. Cette idée a ensuite été reprise par Édouard Philippe, Éric Ciotti, Manuel Valls, Éric Zemmour ou encore Jordan Bardella. »

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