France : Un manifeste pour une laïcité vivante

- 00h29 - France - Ecrit par :

Près de 300 personnes se réclamant de culture musulmane, dont le mufti de Marseille, Soheib Bencheikh, viennent de signer un manifeste contre la misogynie, l’antisémitisme, l’homophobie et l’islam politique. Ils militent pour "retrouver une laïcité vivante".

Dans un premier point, intitulé "L’égalité des sexes, un préalable à toute démocratie", ces personnes dénoncent l’oppression dont sont victimes les femmes soumises aux codes de statut personnel, comme en Algérie ou même en France par le biais des conventions bilatérales. C’est pourquoi, quelle que soit la position de chacun d’entre eux sur la loi contre le voile, ils s’opposent à son port à l’école, "il y a bien, derrière ce prétendu ’choix’ dont se réclament un certain nombre de filles voilées, une volonté de promouvoir une société politique islamiste, s’appuyant sur une idéologie militante active sur le terrain et affichant des valeurs dont nous ne voulons pas". Ils demandent ensuite l’arrêt de l’homophobie car "pour les islamistes - comme pour tous les machistes et intégristes -, ’être un homme’ veut dire avoir le pouvoir sur les femmes, y compris le pouvoir sexuel (…). Nous considérons que la reconnaissance de l’existence de l’homosexualité et la liberté
pour les homosexuels de mener leur vie comme ils l’entendent est un indéniable progrès : à partir du moment où un individu ne contrevient pas aux lois qui protègent les mineurs, les choix sexuels de chacun concernent chacun et en aucun cas l’État". Après cet énoncé sans ambiguïté, le manifeste condamne avec la même vigueur et la même clarté les affirmations antisémites dont "sont porteurs des discours proférés ces derniers temps au nom de l’islam". Ainsi, comme les femmes "impudiques" et les homosexuels, les juifs seraient à abattre. Or, les signataires rappellent qu’ils voient là une instrumentalisation pernicieuse du conflit israélo-palestinien par des mouvements intégristes au profit de l’antisémitisme le plus inquiétant. Ce qu’ils veulent, c’est retrouver la force d’une laïcité vivante, c’est-à-dire une action politique au quotidien pour faire avancer les droits des Français issus de l’immigration et revendiquer les acquis pour lesquels se sont souvent battus leurs pères et leurs mères.

Tel Quel

  • France - Intégration : un processus en panne

    En temps normal, ce rapport n'aurait sans doute qu'à peine été commenté. Mais à quelques encablures de la campagne électorale pour le scrutin régional de mars et à 48 heures de l'adoption en Conseil des ministres du projet de loi sur la laïcité - qui prohibe les signes religieux à l'école -, le document n'est pas passé inaperçu.

  • La presse marocaine commente largement l'interdiction du port du voile en France

    La presse marocaine a largement commenté l'annonce de la future interdiction du port du voile islamique faite par le président français Jacques Chirac, alors que près d'un million de Marocains sont installés en France.

  • L'exemple marocain sera-t-il contagieux ?

    Il n'existe pas un profil de l'islam mais plusieurs. Sous nos yeux, ces jours-ci, les lignes de force de deux d'entre eux. Celui, d'abord, de ce qu'il faut bien appeler un intégrisme classique ; celui, ensuite, d'une occidentalisation mesurée. Le premier est illustré par la pathétique épopée de deux jeunes filles françaises, prêtes à se laisser exclure de l'enseignement, pour continuer à arborer leur voile. Le second par le roi du Maroc qui, en présence de Jacques Chirac, annonce une reconnaissance progressive des droits de la femme et rend hommage à la famille.

  • Les Français divisés sur le port du foulard islamique

    Les Français sont plus que jamais attachés à la laïcité mais semblent divisés sur la question du foulard islamique, selon un sondage BVA que publie mardi La Dépêche du Midi.

  • France : Sarkozy prône la « discrimination positive »

    Nicolas Sarkozy estime toujours que le problème du voile à l'école ne doit pas être réglé par la loi, mais, sans renoncer à sa « vérité », il a manifesté hier soir un respect inédit pour la « vérité des autres ».

  • Régionales en France : des candidats marocains dans l'enjeu de l'intégration

    Triomphe de la gauche, désaveu cinglant de la droite. Les élections régionales en France sont pleines d'enseignements. Le vent de l'Espagne toute proche, où l'actualité toute récente des élections générales a consacré la victoire du parti socialiste, a-t-il soufflé sur la France ? Le balancier penche à gauche et impose de nouvelles lectures et nous pousse à poser un certain nombre de questions.

  • Barbe et bandana : les musulmans de France redoutent les « dérapages »

    « On assiste à un raidissement des parlementaires et de l'opinion après les manifestations de rue des islamistes. » L'analyse, livrée hier au Figaro par Dalil Boubakeur, ne manque pas de pertinence. Au moins apporte-t-elle un peu de clarté dans un débat sur la laïcité qui sans cesse dérape, dévie, et vire à la confusion.

  • La violence raciste redouble en France

    « Des manifestations tant d'antisémitisme que de racisme et de xénophobie d'un niveau jamais égalé. » La France, pays des droits de l'homme, est-elle gangrenée par le racisme ? Le constat que dresse la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) dans son rapport 2004, qui sera remis cet après-midi à Jean-Pierre Raffarin, est accablant : le nombre de violences et menaces racistes et antisémites a, en 2004, quasiment doublé par rapport à 2003.

  • Alima Boumediène, la “Beurette” du Parlement européen

    Nous l'avons rencontrée dans les couloirs du Parlement européen. Souriante, sociable, Alima Boumediène-Thiery est très à l'aise dans son rôle de députée européenne. Cette Franco-marocaine représente la France au niveau européen où elle est également la voix des immigrés et du Maghreb.

  • Chirac pour une loi interdisant les signes religieux "ostensibles"

    Le président Jacques Chirac s'est prononcé mercredi en faveur d'une loi interdisant les signes religieux "ostensibles" dans les écoles et a refusé l'instauration de deux jours fériés juif et musulman dans le calendrier scolaire.Le chef de l'Etat, réaffirmant avec force "la neutralité et la laïcité du service public", a aussi préconisé une loi empêchant qu'un patient puisse refuser "de se faire soigner par un médecin de l'autre sexe" à l'hôpital public.