France , un rapport accablant pour les forces de l’ordre !

- 21h49 - France - Ecrit par :

Contrôles d’identité abusifs, interpellations musclées, injures racistes, placements en garde à vue non motivés... Trois associations de défense des libertés publiques ont publié, lundi 8 juillet, un rapport accablant pour les forces de l’ordre. Elles estiment que, dans certains quartiers, "on fait naître des émeutes là où il ne se passait rien" et s’inquiétant " des risques d’escalade".

Cette analyse résulte d’une enquête menée en commun par la Ligue des droits de l’homme (LDH), le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM). Les trois organisations ont examiné "le comportement des policiers à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), Poissy (Yvelines) et Paris 20e" entre novembre et décembre 2001, sous la houlette d’Aïda Chouk (magistrat), Laurence Gillet (avocate), Antoine Spire, (journaliste) et Emmanuel Terray (professeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales).

Le samedi 17 novembre 2001, dans le quartier de la Coudraie, à Poissy, les forces de l’ordre interpellent S., 22 ans, à l’entrée de son immeuble, constatent les militants. Selon un témoin, "un policier le saisit par le col de la veste, puis le jette à terre, le menotte et le roue de coups". Rapidement, les jeunes de la cité interviennent. Ils exigent que S. soit relâché. Des injures fusent, suivies d’une bousculade. Les policiers menacent : "Lundi, on vient tous vous chercher !" S. est emmené au commissariat, où il est placé en garde à vue pendant quarante-huit heures, avant d’être relâché. Le lundi, les gardiens de la paix reviennent. De nouveau, des injures, des coups et puis, finalement, l’arrestation de trois jeunes, incarcérés, puis jugés en comparution immédiate le 21 novembre pour "rébellion en réunion". L’un écope d’un an de prison, dont six mois ferme ; les deux autres de six mois de prison, dont deux avec sursis.

Quelques jours plus tard, le 13 décembre, des événements similaires se produisent à Châtenay-Malabry (Le Monde du 20 mars), puis dans le 20e arrondissement de Paris, le 27 décembre. Chaque fois, un contrôle d’identité qui dégénère, des interpellations pour "rébellion en réunion" et des condamnations : deux à trois mois de prison avec sursis à Châtenay-Malabry et 180 heures de travaux d’intérêt général à Paris. Chaque fois aussi, des coups, des fouilles -"illégales" dans le cadre d’un contrôle d’identité préventif, selon les auteurs du rapport - et des injures.

"TENSION EXTRÊME"

L’enquête fait état d’un "climat explosif" compte tenu du caractère répété des contrôles d’identité. A Châtenay-Malabry, un témoin raconte qu’"un jour sur deux la police pratique des contrôles sur toute personne entrant dans la cité ou en sortant". Des contrôles qui "ne sont pas motivés par la volonté d’identifier des délinquants, mais par celle d’instituer un rapport de force entre les institutions et certains individus", selon les enquêteurs de la LDH. Aïda Chouk et Emmanuel Terray, témoins d’un contrôle de police à Poissy, confient avoir été "frappés par la tension extrême de la situation et la nervosité des fonctionnaires de police". Les enquêteurs notent la "stigmatisation" dont sont victimes les jeunes de certains quartiers, qui vivent ces contrôles à répétition "comme une injure", une "humiliation", voire "une provocation", qui entraîne souvent des réactions, "des violences et les rituelles accusations d’outrages et de rébellions."

L’action des forces de l’ordre serait donc totalement contre-productive, selon les enquêteurs, qui remarquent à quel point "il est frappant de constater combien l’action menée sur le terrain entraîne une aggravation des tensions plutôt que l’inverse", car "ces pratiques, loin de résorber la délinquance, l’augmentent".

Source : lemonde.fr

  • Deux Marocains victimes de violences policières à Saint-Denis

    Samir et Mounir Hammoudi voulaient passer une nuit blanche, pour bien dormir dans le bus qui devait les emmener en vacances au Maroc. Les deux frères n'ont effectivement pas beaucoup dormi, lors de cette nuit du vendredi 19 au samedi 20 juillet, et disent avoir été passés à tabac par des policiers de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

  • France - Violences policières : Les étrangers sont les plus exposés

    Les étrangers et les Français d'origine étrangère sont les plus exposés aux "violences policières", selon un rapport rendu public vendredi par la commission Citoyens-Justice-Police, organisme créé par diverses associations dont la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).

  • Affaire Ben Barka : nouvelle demande d'audition de Boukhari

    Le juge enquêtant sur l'assassinat en octobre 1965 dans la région parisienne de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka a formulé une nouvelle demande visant à interroger Ahmed Boukhari, auteur de révélations sur l'affaire, a-t-on appris dimanche auprès de l'avocat de la famille Ben Barka.

  • Mon nom est chômage : Le racisme des entreprises

    Selon un rapport adopté mercredi 29 mai par le Conseil économique et social français, la discrimination raciale en France se vérifie au quotidien dans le monde du travail, où ce qu'on surnomme "le plafond de verre" bloque l'acès des jeunes diplômés issus de l'immigration aux portes des entreprises.

  • Une jeune fille brûlée vive en banlieue parisienne

    Une jeune fille de 18 ans est décédée vendredi soir des suites de ses blessures après avoir été brûlée vive dans une cité de la banlieue parisienne, a-t-on appris de source policière.

  • Les islamistes indésirables en France

    Le gouvernement français entend renvoyer vers leur pays d'origine les Maghrébins impliqués dans des réseaux terroristes. Quitte à leur retirer la nationalité française.

  • Mort de Mourad : échauffourrées à Nîmes

    La tension restait vive hier à Nîmes après une nuit d'échauffourrées entre les forces de l'ordre et une cinquantaine de jeunes révoltés par la mort de Mourad, 17 ans. Cet adolescent de la cité a été tué par les gendarmes ce week-end lors d'une course poursuite dans le Gard.

  • Le Maire de Valence refuse de marier un couple marocain

    Plusieurs personnes, dont des journalistes, ont été légèrement blessées samedi en début d'après-midi près de la mairie de Valence, lors de l'intervention des forces de l'ordre venues interpeller un Marocain âgé de 40 ans en situation irrégulière et sous le coup d'une mesure d'expulsion, a constaté l'Associated Press sur place.

  • Interpellation du meurtrier présumé du jeune Marocain de Dunkerque

    Le meurtrier présumé du jeune Maghrébin de 17 ans tué vendredi soir près de Dunkerque a été arrêté dimanche matin et est un homme de 45 ans habitant l'agglomération, a annoncé le procureur du tribunal de Dunkerque, Jean-Philippe Joubert lors d'une conférence de presse.

  • Enquête chez les beurs déçus par la gauche

    Au soir du 5 mai, qui n'a pas noté les drapeaux algériens, tunisiens et marocains et qui n'a pas vu les visages réjouis des beurs venus fêter la victoire de Jacques Chirac ? Bien sûr, ces Français issus de l'immigration s'étaient mobilisés pour contrer le Front national, même si nombre d'entre eux ne redoutaient pas véritablement l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au pouvoir.