Une fusillade à Anderlecht, un pot de miel et deux versions opposées
Le procès de la fusillade d’Anderlecht s’est ouvert lundi. Deux hommes aux lourds antécédents, dont un individu en liberté conditionnelle pour meurtre, comparaissent pour avoir grièvement blessé un jeune de 20 ans par balle en 2025.
La nuit du 21 au 22 mars 2025, sur la place Bizet, un jeune homme a survécu à un tir dans le ventre grâce aux premiers secours prodigués par un restaurateur local. L’affaire est aujourd’hui examinée par la 46e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, où deux prévenus aux versions contradictoires se font face. Le premier suspect, Bilal H., interpellé peu après les faits, bénéficiait d’une libération conditionnelle après une condamnation à vingt-et-un ans de prison en 2017 pour un assassinat dans le métro. Le second, Raphaël C., gérant d’un café, a été arrêté deux mois plus tard par les unités spéciales, alors qu’il sortait tout juste d’une incarcération en France pour une affaire de stupéfiants.
Sur Bladi.net : Fin de cavale à Bruxelles : Le tireur présumé du meurtre d’Hassan El Bachiri enfin arrêté
À la barre, les deux individus se rejettent la responsabilité. Bilal H. reconnaît avoir conduit le véhicule et y avoir fait monter son coprévenu. Interrogé sur des images de vidéosurveillance le montrant apparemment armé, il a livré une explication singulière relatée par La DH : « Ils se sont trompés, il s’agissait d’un pot de miel » destiné à son amie. Il affirme n’avoir aperçu aucune arme et assure que Raphaël C. est revenu dans la voiture juste après les détonations. De son côté, le cafetier nie catégoriquement être le tireur ou même s’être trouvé dans l’habitacle ce soir-là, justifiant la présence de son téléphone à bord par un simple oubli. Il évoque par ailleurs un litige financier persistant avec le conducteur autour de l’achat de cette voiture.
Sur Bladi.net : Hammam de Schaerbeek : Comment un simple conflit de voisinage a viré au procès pour meurtre
La victime, profondément traumatisée, n’a pas pu assister à l’audience. Son avocate a réclamé des dommages et intérêts en rappelant qu’« une balle dans l’abdomen, ce n’est pas un avertissement ». Elle a souligné que son client vit dans la peur constante, d’autant plus qu’il a essuyé de nouveaux tirs depuis cet événement. Bien que la cellule de Raphaël C. ait été perquisitionnée dans le cadre de cette seconde enquête, il n’est actuellement pas poursuivi pour ces faits récents. Le tribunal a rejeté la demande de la défense visant à réentendre le jeune blessé, et la suite des débats a été fixée à mercredi prochain.