« Je gagne très bien ma vie » : en Algérie, ce maçon marocain commence pourtant à avoir peur
Installé en Kabylie, Abdelhamid, un maçon marocain d’une quarantaine d’années, gagne suffisamment sa vie pour aider sa famille restée au Maroc. Mais les récentes arrestations de compatriotes accusés de sabotage l’inquiètent. Il redoute désormais d’être lui-même pris pour un suspect.
Cela fait sept ans qu’Abdelhamid n’est pas rentré au Maroc. En Algérie, il travaille dans le bâtiment, où ses services sont appréciés, et envoie régulièrement de l’argent à sa famille. « Je suis bien ici, je gagne très bien ma vie », raconte-t-il à La Croix, dans un reportage publié ce mardi 3 novembre.
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Sa tranquillité est désormais troublée par les accusations visant plusieurs ressortissants marocains. « Mais là, je crains vraiment d’être victime de confusion », confie le maçon, qui redoute de ne plus pouvoir revoir les siens.
Début octobre, les autorités algériennes ont annoncé l’arrestation de 61 Marocains entrés clandestinement dans le pays depuis la Tunisie. Elles les soupçonnent d’avoir préparé des actes de sabotage. En juillet, quatre autres ressortissants marocains avaient été arrêtés près de Tizi Ouzou, avec deux Algériens, pour des liens présumés avec le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé terroriste par Alger.
Des Marocains qui préfèrent rester discrets
D’après le reportage du quotidien français, certains Marocains vivant en Algérie utilisent des pseudonymes sur les réseaux sociaux pour éviter d’attirer l’attention. D’autres évoquent des difficultés à se marier avec un conjoint algérien dans le contexte des tensions entre les deux pays.
Les déplacements familiaux sont également devenus plus compliqués pour certains voyageurs. Début octobre, plusieurs Marocains avaient signalé à Bladi.net avoir été refoulés à leur arrivée en Algérie malgré un visa familial.
En octobre 2024, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait pourtant assuré que les Marocains vivant en Algérie n’étaient pas inquiétés, affirmant ne faire aucune différence entre les deux peuples.
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Les transferts d’argent vers le Maroc sont aussi au cœur des inquiétudes. Selon des sources locales citées par La Croix, certains ouvriers marocains font appel à de jeunes Algériens pour envoyer leurs économies à leurs familles. Dans l’affaire des personnes accusées de liens avec le MAK, les autorités algériennes présentent désormais ce type de circuit comme un possible moyen de financer le mouvement.