Même quand il parle de l’Algérie, Tebboune revient toujours au Maroc
Salaires, investissements, réserves de change : Abdelmadjid Tebboune a consacré son entretien télévisé du 3 octobre à de nombreux dossiers algériens. Mais le Maroc y trouve aussi sa place, entre critiques du gazoduc atlantique et déclarations sur le Sahara.
Le président algérien commence par défendre le gazoduc transsaharien, destiné à transporter le gaz du Nigeria vers l’Europe via le Niger et l’Algérie. Il assure que son pays dispose de ses propres ressources et servira surtout de territoire de passage. Puis son argumentation se déplace vers le projet concurrent porté par Rabat et Abuja.
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Selon Tebboune, ce corridor traverserait 14 pays, qui prélèveraient chacun 5 % du gaz, en plus des droits de passage. « Que restera-t-il à l’arrivée ? Du vent ! », lance-t-il. Ces prélèvements sont avancés par le président algérien pour contester l’intérêt économique de la route atlantique.
La comparaison lui permet de présenter le tracé algérien comme le choix évident. Il annonce la poursuite des travaux dans son pays et l’envoi d’équipes au Niger pour reprendre les relevés topographiques. Le projet marocain, lui, est évalué à travers ce qui resterait pour l’Europe, alors qu’il doit également approvisionner les pays africains desservis.
Du gazoduc au Sahara
Le Maroc revient ensuite dans le volet diplomatique de l’entretien. D’après le relevé publié par El Khabar, Tebboune évoque des rencontres aux États-Unis consacrées au Sahara. Il présente le Maroc et le Polisario comme les interlocuteurs du conflit, tandis que l’Algérie et la Mauritanie seraient des pays observateurs.
Il réaffirme parallèlement le soutien d’Alger au Polisario et assure qu’il acceptera une décision acceptée par les Sahraouis. Dans le même entretien, le royaume apparaît donc comme un concurrent énergétique, puis comme l’interlocuteur auquel Alger renvoie la résolution du dossier saharien.
Cette présence dépasse la seule intervention du 3 octobre. Dans son entretien à L’Opinion publié en février 2025, Tebboune avait déjà décrit les relations avec le Maroc comme « presque un jeu d’échecs », en présentant les décisions algériennes comme des réponses à des actes jugés hostiles.
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Le mois suivant, interrogé sur les relations franco-marocaines, il assurait qu’elles ne dérangeaient pas l’Algérie. Il critiquait néanmoins les déplacements au Sahara de Rachida Dati et de Gérard Larcher, qu’il jugeait ostentatoires.
Sur le terrain énergétique, le projet atlantique poursuit sa recherche de financements. Ce 5 octobre, Punch révèle que les engagements du gazoduc Nigeria-Maroc figurent parmi les trois investissements couverts par un prêt de 473,8 milliards de nairas accordé par NNPC à sa filiale gazière en 2025.