ghaouti : « Langlais nous a roulés »

- 14h42 - Maroc - Ecrit par :

Ksioua ghaouti, secrétaire général adjoint à l’Association de la défense des intérêts des victimes de la gérance de la SCIME, explique les tenants et aboutissants d’un dossier qui dure depuis plus d’un quart de siècle. Il exhorte les autorités marocaines à rendre justice aux personnes lésées.

Comment a commencé cette affaire qui dure depuis vingt ans ?
Ksioua Ghaouti : Plus de vingt ans ! Le bureau a été ouvert par Alfred Langlais en 1979. Ce Français, natif de Caen, a séduit de nombreux immigrés marocains par un discours humain et sa force de persuasion.
Il était intarissable sur les bienfaits qui viendraient de la coopérative où il n’y aurait pas de hiérarchie. Il s’agissait de créer une association à but non lucratif dont il serait seulement le gérant.
Le but consistait à payer des cotisations afin de disposer d’un appartement au Maroc. 1.200 personnes ont été séduites par la formule et ont payé pour la plupart des sommes allant de 20.000 à 30.000 francs. A l’époque, c’était beaucoup d’argents. Presque toutes les économies de ces gens.

Qu’est-il arrivé ensuite ?
M. Langlais nous avait promis que nous aurions nos appartements, clefs en mains, dans les deux ans. Or, il s’est avéré qu’il nous menait en bateau.
En 1982, il a transféré les bureaux de son association de Paris à Casablanca. C’était, disait-il, pour être plus près du terrain et de presser les autorités locales afin d’accélérer la procédure d’obtention des permis de construire.
Ensuite, il nous a expliqué qu’il attendait la création d’une agence urbaine et qu’il ne pouvait pas débuter les travaux de construction avant que le nouveau schéma directeur de Casa ne soit établi par ladite agence.
Et d’autres expédients… Mais nous avons fini par perdre patience.

Qu’avez-vous fait alors ?
En 1985, les adhérents de l’association ont intenté un procès contre M. Langlais. Ils l’ont gagné. Mais M. Langlais a fait appel et entre temps, il a changé de politique. Il a semé la zizanie au sein des rangs des adhérents.
Il a convoqué certains à part et leur a donné des lots à Aïn Sebaâ. Il leur a donné aussi un peu d’argent pour construire. Mais ces personnes n’ont toujours pas de titres fonciers.

Aujourd’hui, combien de personnes n’ont encore eu de lots ?
350 personnes, et ces gens ne savent plus malheureusement à qui s’adresser. Alfred Langlais a quitté le Maroc en 1999. Il a envoyé une lettre légalisée pour que les 350 personnes reçoivent des lots dans un terrain de 4 hectares à Aïn Chock. Il a aussi laissé un chèque de 3 millions de dirhams, mais sans provision. Nous avons intenté plusieurs procès au Maroc, mais en vain.

Pourquoi ?
Le procureur nous a expliqué que le chèque sans provision n’est pas considéré comme un crime pour que la justice engage une demande d’extradition de l’intéressé.

Pourquoi ne pas le poursuivre, encore une fois, en France ?
Parce que le statut de la société a été déposé au Maroc.
Le dossier relève, par conséquent, de la compétence des autorités marocaines. Nous avons frappé à plusieurs portes, dont le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger. Mais rien n’a été fait pour mettre un terme à notre course qui dure depuis près d’un quart de siècle.
Qu’attendez-vous des autorités marocaines ?
Qu’elles nous aident. Que l’on sente que nous ne sommes pas abandonnés. Il faut savoir que parmi les personnes qui ont cotisé dans ce programme, certaines sont aujourd’hui décédées.
A présent, ce sont leurs enfants qui cherchent à avoir une maison dans leur pays. C’est important. Nous sommes très affectés.
Nous avons vieilli, nos cheveux sont devenus gris, nos muscles répondent au ralenti.
Nous espérons ne pas mourir sans voir le rêve que l’on a nourri dans les années soixante-dix, enfin, se concrétiser.

Aziz DAKI - Aujourd’hui le Maroc

  • On arnaque bien les MRE

    « Tout travailleur émigré sait que, tôt ou tard, il devra retourner définitivement au Maroc…Songeant à son retour… il désire avoir à lui un logement, une maison, dont il sera le propriétaire pour y abriter sa famille ».

  • MRE et Maisons virtuelles

    C'est une affaire qui remonte à près de 25 ans. Une affaire d'escroquerie immobilière à grande échelle. Les victimes, plus de 1200 personnes, sont des ouvriers marocains établis en France.

  • MRE : L'émigrant n'est pas une machine à devises

    A l'occasion de la journée nationale de l'Emigrant (célébrée hier) et dans le cadre du festival régional RME, Tamazirt (du 1 au 20 courant), où l'Association Migrations et Développement se joint à la CCIS d'Agadir, sous l'égide du ministère délégué chargé des affaires de la communauté marocaine à l'étranger, pour tenir cette manifestation d'envergure, nous entretenons aujourd'hui le Directeur de cette association, M. Lahoucine Jamal.

  • Belguendouz : « Le ministère des MRE est absent »

    Pour Abdelkrim Belguendouz, professeur à l'Université Mohammed V et éminent spécialiste des phénomènes migratoires, le dossier social n'est pas pris en charge par les représentations diplomatiques marocaines à l'étranger.

  • MRE/Locaux : Regards croisés

    "Pourquoi voulez-vous qu'on soit différents des Marocains ? Nous aussi, nous sommes Marocains comme vous. Et ici, c'est aussi notre pays". Voici grosso modo ce que vous obtiendrez d'un MRE si vous lui posez la question de savoir ce qu'il pense des locaux. Sauf que là, c'est juste une première impression. Car le premier jet de réponse lâché, beaucoup des MRE rencontrés se sont littéralement lâchés.

  • Corse : Oust les Marocains !

    Ils sont quelques 23.000 Marocains sur 26.000 étrangers basés en Corse. Le chiffre représente 10 % de l'ensemble des habitants de l'île estimés à 260.000. De quoi alarmer une population corse en crise identitaire. Depuis le début de l'année, une vingtaine d'attentats par explosif ont visé des biens appartenant à des familles marocaines. Magasins, appartements, entreprises, agences bancaires... rien n'a été épargné. Rien, jusqu'au drapeau marocain du Consulat du Maroc en Corse qui a été enlevé et brûlé au début du mois de juillet.

  • Le retour des jeunes Marocains de l'étranger

    Le Maroc constitue pour plusieurs jeunes MRE leur seule destination pendant l'été. Mais la façon dont chacun veut passer les vacances diffère. Parmi les options les plus convoitées il y a celle d'aller se réjouir dans les villes touristiques tel Agadir, Marrakech ou autres. Néanmoins d'autres jeunes sont enclin à rester chez leurs proches.

  • Lettre ouverte à Madame Nezha Chekrouni

    Madame le ministre, Nous étions très fier quand vous avez été nommée par S.M le roi au poste de ministre des RME et nous avons rêvé que vous résoudrez les problèmes des RME. Mais après un an il n'y a rien de changé, au contraire les choses se sont aggravées.

  • Les MRE ne sont pas des tirelires ambulantes

    Les mre fournissent le bercail en devises. Le Maroc continue de les voir sous cet angle. Fatiha Saïdi, députée au Parlement de Bruxelles-Capitale depuis juin 1999, s'explique .

  • Visa International ouvre un bureau à Casablanca

    Visa International CEMEA (Central and Eastern Europe, Middle East and Africa) vient d'annoncer l'ouverture prochaine de son bureau à Casablanca, ville qui occupe une place stratégique dans le marché régional de la CEMEA.