Les hammams marocains en danger
Malgré une explosion du prix du bois de chauffage, multiplié par deux, les patrons de hammams marocains refusent pour l’instant d’augmenter leurs tarifs. Ils tentent de préserver le pouvoir d’achat de leurs clients en rognant sur leurs marges.
Le secteur est sous pression. Le bois de chauffage, élément indispensable au fonctionnement des bains traditionnels, se raréfie sur le marché. Résultat : son prix a plus que doublé, dépassant un dirham le kilo contre 30 à 40 centimes auparavant. S’y ajoute la hausse continue des prix des carburants, liée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Sur Bladi.net : Carburants : vers une nouvelle flambée des prix à la pompe au Maroc ?
Cette situation pèse directement sur les coûts d’exploitation et réduit drastiquement les bénéfices. Le président de la fédération nationale des associations de propriétaires de hammams, a confié à Hespress que les professionnels font face à un « bond énorme » des tarifs. Pourtant, ils refusent d’augmenter le prix du service pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Pour de nombreux gérants, le lien social avec la clientèle l’emporte sur l’aspect purement commercial. Si aucune hausse n’est imposée, les tarifs restent flexibles selon le « prix suggéré ». Dans les quartiers populaires, l’entrée oscille actuellement entre 15 et 20 dirhams, tandis qu’elle peut atteindre des niveaux bien plus élevés dans les zones huppées, en fonction de la qualité des prestations.
Sur Bladi.net : Face à la crise mondiale, le Maroc sort le chéquier
Cette crise frappe fort durant le pic hivernal, une période de deux à trois mois qui permet normalement de couvrir les dépenses de toute l’année. Légalement, toute entente entre professionnels pour fixer les prix est interdite. Les tarifs suivent donc la loi de l’offre et de la demande, alors que les patrons voient leurs revenus fondre en raison de la pénurie de bois.